La Villa Sous Tous Vent, joyau d’art et d’héritage réinventé par Maison Osaïn
Mots : Barbara Wesoly
Photos : DR
En signant la réhabilitation et la rénovation de l’illustre demeure knokkoise du peintre Albert Saverys, Maison Osaïn dévoile sa réalisation la plus ambitieuse. Rendant ses lettres de noblesse à la Villa Sous Tous Vent, Ann Butaye et Thomas Maria Verschuren confirment leur talent pour lier passé et renouveau, par un équilibre subtil de douceur et de sérénité.
Redonner vie, sens et beauté à d’anciennes habitations est la signature de Maison Osaïn. Mais comment ce projet, à l’ancrage historique si singulier, s’est-il présenté à vous ? Thomas Maria : À l’origine, il s’agissait de deux maisons distinctes, construites dans les années 20. L’une, propriété d’un riche entrepreneur industriel, n’avait jamais été occupée et se trouvait à l’état de ruine. L’autre, conçue par l’architecte gantois Valentin Vaerwyck comme résidence estivale pour le célèbre peintre moderniste Albert Saverys, demeurait habitable bien que surannée. Toutes deux ont été mises aux enchères en même temps et c’est ainsi qu’est née l’idée de les restaurer tout en les réunissant en une résidence unique. Le processus a duré trois ans.
Albert Saverys considérait cette demeure comme un sanctuaire, mêlant paix et inspiration créative. A-t-il influencé votre approche du lieu et sa transformation ? Ann : Énormément, oui. Une modernisation globale s’imposait, mais il était essentiel pour nous de préserver l’authenticité des lieux. Nous avons même imprimé des photos de la maison telle qu’elle était il y a cent ans et les avons disposées dans les chambres d’amis. La villa accueille également une œuvre de Saverys. Aujourd’hui, j’aime à penser que lorsqu’on en franchit le seuil, son âme est palpable. Parallèlement, nous tenions à y développer pleinement la vision holistique de Maison Osaïn, où design, architecture et mobilier se fondent dans une harmonie globale, faite de cohérence, de légèreté et de quiétude. Un cadre où lumière, matières et lignes sont une invitation au bien-être et à la contemplation. C’est notamment le cas de la cuisine, dont l’espace central, ouvert sur les étages, est élégant sans être formel, chaleureux et intime à la fois.
Thomas Maria : La maison de Saverys étant classée monument, nous devions en respecter le caractère. C’était un défi passionnant, à la fois de reconstitution et d’évolution, guidé par un profond respect de l’architecture des deux résidences. Cela ne signifiait toutefois pas tout laisser en l’état. Il a fallu effacer les séparations, repenser les volumes et recréer certains éléments. C’est le cas notamment des deux cheminées du salon, dont l’une est d’époque, l’autre refaite à l’identique. Il en va de même du sol de la cuisine, qui était très abîmé. Il n’a pu être reproduit avec la céramique d’origine et nous l’avons donc réinterprété en travertin en conservant les dimensions des carreaux et le motif.
Le travail de Maison Osaïn s’inscrit aussi dans des collaborations d’exception, notamment autour de la curation d’art. De qui avez-vous souhaité vous entourer pour imaginer la Villa Sous Tous Vent ? Ann : Le lieu étant déjà une œuvre à part entière, cette sélection était d’autant plus importante. Nous avons choisi KALPA, une galerie d’art toscane, avec laquelle nous partageons une même philosophie humaine et artistique. Nous avons ainsi intégré dans de nombreux espaces des peintures, bas-reliefs et sculptures issus de leur collection. Les créateurs belges y sont également mis à l’honneur, notamment à travers les tableaux en relief d’Annelies Toussaint, fabriqués en coton et lin. Dans le salon, on retrouve aussi un superbe triptyque d’Eleanor Herbosch.
Thomas Maria : Les collaborations ne se limitent pas à l’art, puisque le jardin a été conçu par le paysagiste Piet Oudolf. Nous souhaitions un environnement tout en courbes, rappelant les vagues et l’atmosphère de la Côte. C’est également dans cet esprit que nous avons ajouté des teintes sableuses et des matériaux clairs à l’intérieur, afin de laisser pénétrer cette lumière si particulière dans les espaces.
Ce projet marque-t-il un tournant pour Maison Osaïn ? Ann : C’est certain. Il s’agit de la réalisation la plus ambitieuse que nous ayons menée jusqu’ici et sa dimension historique amène la Villa à s’imposer comme une référence, non seulement architecturale mais aussi dans notre parcours. Elle ouvre également la voie au futur de Maison Osaïn, notamment en matière de créations d’objets et d’art de la table. Des assiettes, bougies et linge de maison, pensés spécifiquement pour la Villa, ont finalement donné naissance à une collection à part entière. Cette part de notre travail nous est chère et nous espérons pouvoir créer un showroom où l’ensemble des pièces pourra être présenté. Nous espérons aussi rayonner toujours plus en Belgique et à l’international. Après le superbe chalet d’House Montagna, donnant sur le Mont Blanc, nous rêvons d’ailleurs ensoleillés, au Portugal ou en Espagne.

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