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Raphaël Collignon

« Mon rêve serait de gagner une Coupe Davis »

Mots : Jason Vanherrewegge
Photo : Virginie Lefour

De Fayenbois à Roland-Garros, le tennisman Raphaël Collignon a franchi bien des étapes ces dernières années pour s’installer dans le top 100 mondial. Natif de Rochester dans le Minnesota aux États-Unis, où son père travaillait en neurochirurgie, le Liégeois de 24 ans ne semble qu’au début d’une formidable aventure.

Vous avez commencé le tennis très tôt avec un père fan de la petite balle jaune. Qu’est-ce qui a fait la différence dans votre rapport au plaisir entre ce sport et d’autres disciplines plus collectives ? Je remercie mes parents parce que j’ai pu toucher à plusieurs sports dont des sports collectifs. J’ai fait du football aussi. Je m’amusais beaucoup. Mais à un moment donné, j’ai dû faire un choix. Je me suis orienté vers le tennis parce que ça correspond plus à mon identité. Je suis quelqu’un qui aime bien faire les choses à ma façon, qui aime bien que ma performance ne dépende que de moi. Je ressens aussi un peu plus d’émotions quand je joue au tennis car elles sont décuplées. 

Vos parents ont rapidement tout mis en œuvre pour vous mettre dans les meilleures dispositions. Est-ce que ce sont ces sacrifices familiaux qui vous ont transmis le goût de l’effort ? Oui, je pense. Après, c’est difficile quand tu es jeune de te rendre compte de tout ce que tes parents font pour toi. Tu réalises par après. Tu te rends compte que c’était quand même beaucoup de trajets, beaucoup de temps consacré juste pour moi… De par leurs métiers qui sont assez élitistes, ma maman est psychologue et mon papa est neurochirurgien, ils m’ont également transmis cette idée de tout donner dans ce que je fais. Cela me donne envie de me battre sur le terrain, de m’accrocher. Je leur dois bien ça. 

Vous avez suivi les traces de David Goffin avec le même entraîneur, Didier Jacquet, et une formation au tennis-études de Mons. S’il a dû travailler son physique, vous avez été forcé de votre côté à changer votre style de jeu. J’ai des qualités physiques qui sont naturelles. J’arrive à très bien lire le jeu, à très bien me déplacer. Ça, je l’ai toujours eu. Même en étant petit, j’étais assez mobile. Je savais qu’il suffisait de remettre la balle dans le terrain pour essayer de gagner. En grandissant, j’ai gardé ce jeu de défense mais j’ai dû un petit peu modifier mon style de jeu en jouant parfois un peu contre nature. J’avais tendance à rester derrière et je travaille ça depuis quelques années.

Avec un certain Steve Darcis qui est votre entraîneur depuis vos 18 ans. Quand il a arrêté sa carrière, je suis rentré plus ou moins au même moment dans l’équipe pro de la fédération. Il est devenu le responsable de la cellule dans laquelle je me trouvais. Maintenant, c’est vraiment mon référent. C’est lui qui s’occupe de moi à temps plein quasiment. J’ai vraiment beaucoup de chance parce que c’est rare d’avoir quelqu’un comme ça dans son entourage qui a été aussi fort et qui connaît vraiment le haut niveau.

Il restera pour toujours notre Monsieur Coupe Davis. Quand on évolue à ses côtés, c’est difficile de ne pas avoir l’amour du pays. C’est sûr et certain. Il nous transmet vraiment cette importance de porter les couleurs de la Belgique même si je l’avais déjà. Je n’ai jamais vraiment manqué une rencontre de la Coupe Davis. Je suis quelqu’un qui adore jouer en équipe. C’est comme ça que je m’amuse le plus.

En tant que fan de Rafael Nadal, vous avez copié son côté combattant sur un terrain. Le mental, c’est vraiment quelque chose de super important. Au haut niveau, tout le monde joue très bien au tennis. C’est vraiment la confiance de l’instant et la manière dont tu gères les situations compliquées qui font la différence. C’est pour ça que j’ai investi l’année dernière dans une préparation mentale même si je m’en suis détaché depuis.

Vous affirmez que vous n’êtes pas le joueur le plus rigoureux du monde. Est-ce que vous avez peur de passer à côté de votre jeunesse en faisant plus de sacrifices qu’il n’en faut ? Ce n’est pas forcément le bon mot. Je suis quelqu’un qui bosse, ça c’est sûr et certain. Après, c’est sûr que je veux garder un équilibre entre faire du mieux possible pendant ta journée d’entraînement ou en compétition et cette notion de plaisir en dehors. C’est vraiment quelque chose dont j’ai besoin. Je veux continuer à voir mes proches, faire des restos en semaine et de manière générale avoir une vie sociale assez importante.  

Quel est votre rêve le plus fou dans le tennis ? Quand tu commences le tennis, et que tu vois les grands tournois à la télé, tu te dis que ce serait incroyable de les remporter. J’ai évidemment des objectifs mais c’est assez compliqué de gagner, par exemple, un Grand Chelem. Je ne suis pas prédestiné à le faire. Mais quand je vois comme le circuit s’est ouvert, il y a de belles choses à aller chercher. Outre le fait de rentrer dans le top 50, mon prochain rêve, et je pense qu’il est atteignable, c’est de gagner une Coupe Davis. Ce serait extraordinaire.

Instagram : raphael.collignon13

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