Comme chez soi
Tout le monde connaît le Comme chez Soi ! Normal, c’est une institution nonagénaire ! Lionel Rigolet prend d’ailleurs toujours plaisir à partager sa madeleinede Proust : la fameuse sole mousseline au Riesling, fleuronde la gastronomie des Wynants et contrepoint nostalgie d’une cuisine de produits qu’il a su moderniser avec panache. Institution de convivialité aussi, à travers l’extrême attention portée aux clients par les équipes de Laurence Rigolet, rayonnante cheffe de salle. Une soirée au Comme chez Soi, ce n’est vraiment pas une soirée comme les autres.
MOTS : ARIANE DUFOURNY
PHOTOS : IVAN VERZAR
« Georges, chez vous, on mange comme chez soi ! »
C’est un beau roman, c’est une belle histoire…
Vous la connaissez ? Georges Cuvelier fonde en 1926 « Chez Georges », un resto de quartier bruxellois où une habituée ne cesse de le complimenter en ces termes : “Georges, chez vous, on mange comme chez soi…” Il n’en faut pas plus pour que l’endroit prenne définitivement ce nom ! En 36, le restaurant emménage place Rouppe sur son emplacement actuel. La fille de Georges Cuvelier épouse Louis Wynants qui va rapidement faire évoluer la cuisine vers une offre gastronomique. En 1961, à 22 ans, leur fils Pierre rentre dans l’affaire familiale, décroche une deuxième étoile en 1966, une troisième en 1979. Pierre rencontre Marie-Thérèse, ils ont deux filles, dont Laurence qui épouse Lionel Rigolet, lequel perd la 3e étoile l’année où le GaultMillau lui d’attribue la note de 19/20 ainsi que le titre de chef de l’année !
Pourquoi une étoile en moins ? Michelin, plutôt réfractaire aux changements, a-t-il sanctionné le changement de chef ou la modernité affichée de sa cuisine ? Mystère ! Lionel Rigolet aux fourneaux, épaulé par sa femme à l’accueil et en salle, reste serein : « Je ne me mets pas la pression du Michelin, j’avance ! »
Chaque étoilé a son identité gastronomique propre, celle du Comme chez Soi de Lionel Rigolet consiste à allier modernité et tradition, comprenez : réussir à imposer une cuisine créative ponctuée de touches exotiques, sans jamais renier le travail des trois générations qui ont fait, avant lui, la réputation d’une maison nonagénaire. Ce respect de l’héritage gastronomique est de surcroît exacerbé par un fastueux décor Art nouveau, hommage à Victor Horta. Dans ce somptueux écrin à l’ambiance délicatement surannée, difficile d’imaginer l’effervescence qui règne en cuisine, sauf à s’installer au fond de la salle où une baie vitrée permet de voir Lionel Rigolet et sa brigade au travail. Pendant que la cuisine s’affaire, la salle s’installe. Laurence Rigolet sert des pinces, embrasse les habitués, met en confiance. La star, ce n’est pas que le chef, ce n’est pas que pour lui qu’on revient au Comme chez Soi. Laurence et sa brigade excellent dans l’art de rendre la vie agréable : le service est aux petits soins mais jamais chichiteux, un parfait exercice d’équilibriste !
A table ! Menu 5 services. Un consommé glacé aux trois poivres sansho vient magnifier crevettes et écrevisses, un coulis d’araignées de mer safrané enivre un rôti de sandre, un beurre au piment d’Espelette et poivre vert galvanise un turbot sauvage… Lionel Rigolet nous l’avoue : « Ma force de frappe ce sont mes sauces ! » On confirme, et on applaudit des compositions qui allient goût et esthétique. Le sommelier, affable, un vrai con- teur, nous a prêté sa bible des vins.
La bonne nouvelle : elle reflète autant la passion du couple Rigolet-Wynants pour les grands crus que les attentes de la clientèle avec une belle sélection de vins à moins de 100 euros, dont plusieurs flacons à cinquante et quelques bouteilles made in Belgium en provenance notamment du Château Bioul.
Au fait, Chef, comment fait-on pour rester à ce niveau d’excellence ? « On se remet en question midi et soir !». La belle leçon d’humilité d’un chef qui aime le partage : « Le chef tient absolument à vous faire une surprise: sa sole mousseline au Riesling luxembourgeois ». C’est qu’à l’instar de la soupe VGE de Paul Bocuce, de la purée façon Joël Robuchon ou encore de la pêche Melba d’Auguste Escoffier, la sole mousseline au Riesling du Comme chez Soi apparaît aujourd’hui comme un véritable testament culinaire ! On découvre donc avec intérêt cet indéracinable classique qui a mis d’accord 4 générations de clients ! Le plat est savoureux, généreux, presque réconfortant, édifiant aussi pour qui veut comprendre comment Lionel Rigolet a modernisé la cuisine des Wynants, tout en restant fidèle à sa nature même : la cuisine de produits. Chef, le bonheur, c’est ? « La présence des habitués mais aussi d’une nouvelle génération, plus jeune, plus internationale. La maison jouit d’une réputation flatteuse à l’étranger mais le piétonnier nous cause beaucoup de tort ! Chaque compliment adressé par un client, c’est une part de réconfort. »

Riwyne, la nouvelle table du Comme chez Soi
Lionel et Laurence l’ont baptisée Riwyne (pour Rigolet-Wynants) et sa visite nous conduit tout droit… dans la cave à vin ! Soit une table pour 8 à 12 convives et un menu à 79 euros qui change chaque mois. « Un concept de tapas pour les mises en bouche et un menu 3 services composé des meilleures spécialités belges, filet américain, vol-au-vent, faisan à la brabançonne, etc. », précise Lionel Rigolet. Un bon concept pour découvrir une table étoilée à peu de frais…
A découvrir les soirées du mardi, mercredi et jeudi, et les midis du jeudi, vendredi et samedi. Sur réservation.

COMME CHEZ SOI
Laurence & Lionel Rigolet
23 place Rouppe, 1000 Bruxelles
T. : 02/512 29 21
Week-end en bord de Meuse, THE WISE HOUSE, le manoir enchanté...
Imaginez un imposant manoir de style mosan transformé en un havre de paix élégant et une maison gourmande. The Wise House, le nouvel hôtel-restaurant de Hastière-par-delà, c’est le meilleur endroit où chiller en bord de Meuse. Notre refuge coup de cœur de la rentrée !
MOTS : SERVANE CALMANT
PHOTOS : THE WISE HOUSE
Il ne faut pas avoir une imagination particulièrement débordante pour deviner que les quatre murs de cet ancien pensionnat ont dû rougir des confidences intimes des dortoirs de filles ! On les devine légender un selfie sur Instagram : « Oh, qu’il est beau le bord de Meuse ». Ah non, les réseaux sociaux balbutiaient encore il y a quinze ans… En parlant de réseau, figurez-vous que c’est en cherchant du wifi sur les hauteurs de la Meuse que François Lesage, un homme d’affaires autrefois actif dans la biotechnologie et qui baigne aujourd’hui dans l’Horeca (il est notamment l’associé financier de la cheffe Isabelle Arpin), découvre cette vaste propriété… et la pancarte qui annonce sa mise à vente ! Sur un coup de tête, François l’achète et devient ainsi propriétaire de ce petit château dont la première pierre date de 1633, les quatre murs actuels du 18e, qui fut donc un pensionnat, puis une gentil-hommière privée peu à peu désertée… Ce manoir, il le baptise WiseHouse – «Wise» pour Sage, clin d’œil à son nom de famille. C’est que François Lesage a totalement succombé aux charmes de la belle bâtisse posée le long de la Meuse. Fatal Attraction ! « Le soir, quand je ferme, la maison ne veut pas me laisser partir, la serrure coince et me résiste – c’est un signe du destin ! » ironise-t-il, en nous offrant la primeur de découvrir mi-août, son petit coin de paradis…
« J’ouvre le 12 septembre, après de longs mois de chantier orchestrés par les Lasnois de CL Corporate – n’hésitez pas à les citer, ils ont été formidables ! » Le bâtiment a en effet été entièrement rénové, tout en préservant son cachet et son âme : la pierre bleue tutoie les fauteuils Vegas et les chaises bar Monterey de la marque belge Marie’s Corner, sept vastes chambres sous charpente d’époque – on adore ! – sont parfaitement adaptées à l’esprit de la demeure, oscillant entre tradition, modernité et domotique, et trois chambres corporate attendent les rescapé.e.s des sessions brainstorming…
François Lesage a pensé à tout et tout le monde, les amoureux, les familles et les businessmen (Allô Givet ?). Et comme il ne fait jamais les choses à moitié, il a réussi à convaincre Benjamin Moustier, le second de cuisine du Prieuré Saint-Géry, et sa compagne, Astrid Picazo, chef de salle chez Vincent Cardinal également, à prendre les commandes de Par-Delà, le restaurant gastronomique de la Wise House. On y savoure une cuisine franco-belge pour gourmets qui privilégie le circuit (très) court, comprenez : les produits belges du Namurois. Veau de ferme de Saint-Gérard, fromages du coin, vins du château de Bioul, café Delahaut, gin bio de Maredsous… Soudés par une évidente complicité, Benjamin, Astrid et François-le-boss ont réussi leur pari : instaurer une ambiance hyper chaleureuse à l’élégance discrète. Un art de recevoir qui fait chaud au cœur. En quittant les lieux, on sait déjà qu’on y reviendra, François Lesage a promis une piscine dans un avenir proche…
Be Perfect a aimé
• Les 10 chambres orientées Meuse. Aucun risque de se voir refiler une vue sur la route !
• L’ambiance chill-out pile poil adaptée à la paren- thèse du week-end et au brunch du dimanche.
• Les bons plats du jeune chef Benjamin Moustier, ancien sous-chef de Vincent Cardinal (l’étoilé Le Prieuré Saint-Géry). Langoustine, veau Wellington et un baba imbibé au rhum, au gin ou au Grand Marnier selon les saisons et les humeurs du chef, se profilent comme autant d’incontournables…
• La région. Existe-t-il plus belle vallée en Wallonie que la Molignée ? Et plus désaltérante Abbaye que Maredsous ? Hastière est de surcroît traversée par le RAVeL2 qui se trouve aux pieds de la Wise House. L’idéal pour la pratique familiale du vélo sur le halage de Meuse ou sur d’anciennes lignes ferroviaires désaffectées…
• Le concept du « You Like it You Buy it » : le mobilier et les éléments de déco de la Wise House sont à la vente.
En fournissant le mobilier des chambres, de lobbies et du restaurant via son offre de renting MC Rent, Marie’s Corner démontre tout l’intérêt de sa nouvelle offre de location sur-mesure destinée aux professionnels. La marque belge ouvre grand le champ des possibles pour les entreprises, les architectes d’intérieur, les designers et les décorateurs. Un loyer simple à payer et la liberté de faire naître des intérieurs toujours plus personnalisés… et de pouvoir les adapter au gré de leurs envies !
En savoir plus : www.mariescorner.com
THE WISE HOUSE
Route de Blaimont 107 à Hastière
T. : 082/46 00 57
M. : 0486/13 58 57Facebook et Instagram : thewisehousehotel
Chez Nabu AVEC MATTHIEU VELLUT, Missionnaire belge des vins nature
Prosélyte des vins nature, Matthieu Vellut multiplie les comptoirs de quartiers où découvrir des flacons qui s’autorisent toutes les fantaisies, toutes les humeurs ! Après Tarzan et le Bar du Canal, c’est Chez Nabu, son dernier-né, autoproclamé comptoir à copains, qu’il nous reçoit…
MOTS : SERVANE CALMANT
Tarzan à Ixelles, le Bar du Canal à Bruxelles, Chez Nabu à Woluwe-Saint-Lambert, ces trois bars dédiés aux vins nature (ou naturels) sont orchestrés par Matthieu Vellut, pro du marketing dans un autre monde, ardent défenseur des quilles nature dans sa nouvelle vie. Pour ce quinqua invariablement réfractaire aux normes, défendre le vin nature, c’est aussi, surtout, soutenir un modèle alternatif à l’indu- strie viticole, c’est partir en croisade contre le conventionnel, c’est oser répliquer : « Ah ce léger perlant dans ton vin, bah, c’est juste du gaz, il suffit de secouer la bouteille avant de l’ouvrir, puis de laisser s’échapper le CO2 ! ». Le vin nature, une aventure sensorielle qui a séduit le sieur Vellut et Coralie Rutten son alter ego, devenus tous deux importateurs de vins nature et propriétaires de bars dans le but affiché de démocratiser le divin breuvage, comprenez : de le partager entre copains. Oui, mais c’est quoi un vin nature à siphonner entre potes ?
Le vin nature est forcément bio, alors que l’inverse…
« Exactement ! A la base des vins bio et des vins nature, il y a un raisin bio. La principale différence s’exprime au moment de la vinification: les vignerons bio peu- vent ajouter des additifs, alors que les vignerons nature dont la vinification se veut la plus respectueuse possible du raisin, s’interdisent tout intrant, ou si peu… »
Le vin nature embrasse donc la notion de culture biologique (qui est une notion absolument inachevée puisqu’elle autorise le maître de chai à jouer au petit chimiste lors de la vinification !) tout en englobant l’intégralité du processus de transformation naturelle du raisin en vin. Il existe donc du vin dit nature sans gélatine alimentaire, colle de poisson, dioxyde de silicium,… sans toute la panoplie des artifices œnologiques ! Alléluia. Matthieu, remets une rasade !
30mg/l de sulfites ajoutés, la bonne dose ?
En 2012, l’Union européenne a créé un label bio – une feuille blanche sur fond vert – et a recensé les substances autorisées. D’après ce cahier des charges, la teneur maximale en sulfites ajoutés pour le vin bio européen est de 100mg/l pour le rouge (c’est 150mg/l pour le rouge conventionnel !), tandis que dans le vin naturel ce plafond est fixé à 30mg/l ! Outre ces règlements en la matière, le milieu des vins nature évolue : depuis un an, l’Association des Vins Naturels (AVN) prône le zéro sulfite ; quant aux stakhanovistes de l’Association de vins S.A.I.N.S pour Sans Aucun Intrants Ni Sulfites, ils refusent même toute activité de négoce, obligeant les vignerons qui signent leur charte à réaliser des vins sur 100% de leur activité vinicole ! « Soyons réaliste », bondit Matthieu, «le 0 sulfite n’est pas nécessaire car les vins sont alors potentiellement sujets à moult défauts et déviances, mais au-dessus de 30mg de sul- fites ajoutés dans un rouge, 40mg dans un blanc, un vin est pour moi carrément imbuvable, l’excès de sulfites, c’est insupportable ! Je défends les vins nature qui sont respectueux du sol, de la vigne, du travail du vigneron, de toutes les opérations d’élaboration du vin… bref, de la vie dans la vigne ! »
Sous les pavés, le vin nature !
« Les paysans-vignerons qui font du vin nature ne se retranchent derrière aucun label officiel, puisqu’il n’y en a pas et que la plupart d’entre eux ne désirent pas en bénéficier ! Les vins nature portent d’ailleurs le plus souvent l’appellation Vins de France – pourquoi ? Tout simplement parce que les vignerons nature s’octroient le droit d’expérimenter et de créer des nouveaux vins qui sortent des rangs AOC ou AOP ! Produire et boire du vin nature, c’est adhérer à une vraie démarche philosophique qui défend la liberté de proposer au palais du consommateur un autre breuvage que du conventionnel élevé en fûts de chêne et parkérisé par Robert ! »
Pas de label nature, bigre, à qui faire confiance alors ?
« Aux étiquettes des vignerons nature qui affichent volontiers une franche transparence et aux 200 grands noms du circuit nature, Pierre Frick, le pionnier des vins nature en Alsace, Thierry Puzelat et son Clos du Tue Bœuf en Loire, Marcel Lapierre dans le Beaujolais. A Olivier Techer et la cuvée Pom’n’roll qui dans le très conventionnel Bordelais passe pour un vrai rebelle ! En Belgique, Servaas Blockeel, est le seul à proposer un vin de soif conformément aux cahiers de charges des vins S.A.I.N.S ! On peut également se fier à des applications du vin naturel, dont Raisin qui liste des milliers de cavistes, bars et restaurants qui ont la cuvée nature à portée de main… »
Tu sers quoi au néophyte qui découvre le vin nature Chez Nabu ?
« Je lui propose des vins d’apprentissage qui restent dans les clous, mais qui présentent déjà les caractéristiques du vin nature, qui sont donc plus sur le fruit, moins astringent – la buvabilité des vins nature est d’ailleurs très grande car ces vins causent rarement une sensation d’astringence et leur taux plancher en sulfites évite bien des maux de tête aux noceurs ! Aux plus curieux, je propose des vins nature décalés qui vont étonner, détonner, exprimer parfois un perlant, parfois de l’acidité volatile. Ou un vin orange (comprenez : un vin blanc vinifié comme un rouge, une technique qui nous vient de Géorgie, nda). On est bien loin des vins aseptisés, corrigés, matraqués, que l’on retrouve souvent sur le marché ! Que ce soit Chez Nabu, chez Tarzan ou au Bar du Canal, l’invitation lancée est toujours la même: faire découvrir le travail de vignerons qui subliment le raisin, en se partageant leur flacon.» Accoudés au zinc, les copains refont le monde, à la santé des vignerons qui ont refait le vin…
La tribu nature de Matthieu Vellut
Trois bars à vin nature
(on y sert aussi de la bière bio !)CHEZ NABU (le dernier-né)
avenue Albert-Elisabeth 35 à Woluwe-Saint-Lambert
TARZAN
rue de Washington 59 à Ixelles
BAR DU CANAL
Rue Antoine Dansaert 208, 1000 Bruxelles
Un caviste
JANE (250 références)
rue de Washington 63 à Ixelles
ISABELLE ARPIN poursuit son fabuleux destin
Tout le monde aime Isabelle Arpin, les critiques gastronomiques, ses fidèles, ses nouveaux clients. Nous aussi on aime cette lady cheffe, pour son franc-parler solaire, sa cuisine inventive, son dressage millimétré et fleuri, et sa capacité à rebondir ! En atteste ce nouveau lieu, le bien nommé Isabelle Arpin, que la cheffe a investi en ce début d’année, invitant à déguster son plat ADN le plus fameux, un foie gras poêlé & huître Princesse de Setubal & espuma de topinambour, un accord d’opposition à se damner !
MOTS : SERVANE CALMANT
PHOTOS : GABRIELLE LELIEVRE
On a rencontré Isabelle Arpin une première fois chez Alexandre à Bruxelles en 2014, elle venait de faire regagner une étoile au restaurant qu’Alexandre Dionisio avait, avant elle, accroché à son établissement. Au WY de Bart de Potter au Sablon, elle astiquera sa rutilante étoile Michelin au coeur d’un showroom de grosses cylindrées, avant de prendre le large, pour remettre le couvert en 2017 au Louise 345, un hôtel de maître du 19e siècle un poil guindé qui déposera bilan fin 2018 pour cause de rififi financier entre actionnaires et associés (pour faire court). Confiante en la vie, en sa bonne étoile, et en ses riches paradoxes, Isabelle saisira la bonne clé pour rebondir encore et investir en ce début d’année 2019 sur la même avenue chic de Bruxelles, son nouveau lieu, le sien (enfin !), le bien nommé Isabelle Arpin.
Elle l’a donc appelé Isabelle Arpin, tout simplement. Et c’est vrai qu’il lui ressemble : un écrin épuré mais chaleureux, moderne mais pas arty, élégant sans ressembler à une cage dorée. Mais qui oserait enfermer Isabelle Arpin ? Il faudrait d’abord réussir à attraper ce petit bout de femme au caractère bien trempé qui rebondit plus vite que son ombre et que les aléas de vie ont rendu riche. Isabelle Arpin est d’ascendance mi-égyptienne mi-espagnole, abandonnée à la DDASS, adoptée à 8 mois par une famille française, ado à Dunkerque, belge d’adoption, amoureuse d’Ostende, fan de la France des régions.
«Mes racines sont françaises, c’est la terre où j’ai été élevée, ma cuisine est française (et s’enrichit des Madeleines de Proust qu’elle a ramenées de ses nombreux voyages, nda). J’ambitionne d’ailleurs un jour, pas demain je vous rassure !, de retourner en France. Ce n’est pas tant le pays qui me manque que l’atmosphère des petits villages français. En Belgique, j’aime l’esprit belge décomplexé ; en France, je craque pour l’esprit village. »

Chez elle. La salle du restaurant du 362 Avenue Louise offre une vue directe sur la cuisine où s’affairent Isabelle l’indépendante et sa bridage. « Je me sens chez moi ici ! J’évolue au sein d’une petite structure de 8-10 personnes, ce qui me permet d’être proche de mon staff et des clients », avec lesquels Isabelle vient volontiers tailler une bavette en toute décontraction. « J’aime bien insuffler au lieu une ambiance décontractée, rigoler, le guindé c’est pas ma tasse de thé. » Avec Isabelle, c’est sans chichis, on finira tout naturellement par se tutoyer et se faire la bise. L’échange, la convivialité, un éclat de rire, y’a de la vie chez Isabelle Arpin !
Dans l’assiette. « Je suis une gourmande ! Il y a d’ailleurs beaucoup de plats que je n’ai pas encore mis à la carte mais y figurent déjà des classiques que le client associe directement à moi. » Foie gras poelé & l’huître de Stibal la perle du portugal ou encore mousse légère de comté affiné, crumble de pain au levain, olives noires & sirop de bouleau : deux plats à l’ADN Arpin que l’on a eu la chance de savourer et qui témoignent de ces accords d’opposition produit-texture-saveur audacieux dont la cheffe a le secret. Et que dire de ce tartare de gambas porc soufflé escorté d’une glace au lait de soja & vinaigre de riz ? Un régal. Et ce velouté de céleri-rave à la crème de réglisse ? Un amuse-bouche qui a affolé nos papilles. Et séduit les mirettes, car Isabelle, extrêmement méticuleuse, a trouvé le juste équilibre entre le bon et le beau. Fleurs et épices subliment en effet des plats à la délicate composition picturale, exarcerbant tout le plaisir de bien manger.
Recette de tous les jours de la cheffe Isabelle Arpin
Ajo blanco langoustines / raisins blancs / huile de crustacés / poudre de pain d’épices
INGRÉDIENTS POUR 6 PERSONNES
• 6 langoustines (1 par personne), taille 3/4
• Raisins blancs mondés et épépinés 3 raisins par personne.
• Fleurs, herbes Ajo blanco
• 200 g d’amandes effilées
• 100 g pain sec
• 2 gousses d’ail
• Lait, vinaigre de Xérès, sel, poivre, sucre
RECETTE
• Mettre les amandes et le pain que l’on aura trempé dans un bouillon la veille, dans du lait.
• Mixer l’ensemble puis assaisonner.
• Ajouter fond blanc (un bouillon) jusqu’à la consistance souhaitée.
• Décortiquer les langoustines.
• Réaliser une huile avec les carcasses.
• Mettre les langoustines assaisonnées sur une plaque et cuire au four à 170 degrés pendant 1’30’’.
• Couper en 3.
• Sécher du pain d’épices et réduire en poudre très fine.
• Dresser.

ISABELLE ARPIN
362, avenue Louise à Bruxelles
T. : 0492/97 19 27
facebook.com/restaurantisabellearpin
THE 1040, Jean-Philippe Watteyne pose ses couteaux au Sofitel
Le chef montois a accepté de signer la carte de « The 1040 », la nouvelle brasserie du Sofitel Brussels Europe. On y a savouré tomates crevettes et oiseau sans tête, deux incontournables de la brasserie belge revisités sans être dénaturés par Mattéo Vannini (ex-Da Mimmo l’étoilé). Car si Jean-Phi ne peut être partout à la fois, qu’il se rassure, son bridage assure !
MOTS : SERVANE CALMANT
PHOTOS : ANTHONY DEHEZ
Après iCook et Le bistro de Jean-Phi à Mons, le très médiatique Jean-Philippe Watteyne (Top Chef 2013, Les Ambassadeurs/RTBF) ajoute une troisième adresse à son offre gourmande, en reprenant la gestion du restaurant et du bar du prestigieux Sofitel de la Place Jourdan à Etterbeek. « The 1040 », le clin d’œil au code postal est on ne peut plus évident ! Il faut dire que l’endroit est logé à belle enseigne, le Sofitel vient en effet de s’offrir un lifting royal à grand renfort de design biophilique, encore un clin d’œil, adressé cette fois au Parc Léopold, véritable havre de verdure au cœur du quartier européen, à deux pas. « The 1040 » embrasse en effet la fameuse place Jourdan, flambant neuve, où on respire enfin puisque l’espace est devenu semi-piétonnier. « The 1040 », the new place to be gourmand.e ? On parie ?

En tandem
Certes Jean-Phi ne sera pas là tous les soirs, car même un Montois n’a pas le don d’ubiquité ! Mais à l’instar de chefs multi-enseignes, il a participé à l’ensemble du projet de refonte totale du restaurant et a trouvé en la personne de Mattéo Vannini (ex-Da Mimmo), un chef de taille pour redorer le blason d’une cuisine aux accents résolument noir-jaune-rouge. A nous les tomates crevettes, l’oiseau sans tête ou le vol-au-vent.
Du classique revisité par un passionné du terroir belge, cela donne : crevettes grises de chez nous décortiquées à la main, mayo maison, tomate en gelée (tomates, échalote, vinaigre, agar-agar), chips de peau de tomates, pointe de fleur de sel, assiette esthétique, dressage calibré. On sait ce qu’on mange, à savoir du frais, du nature, du fait maison et du circuit court (très court même puisque Mattéo cultive des plantes aromatiques sur le toit du Sofitel), une cuisine sans chichi (pas de camouflage alimentaire !), précise (à l’instar des rectangles de gelée de tomate ou de l’oiseau sans tête au veau coupé au couteau et cuit à basse température – le slow food, un art de vivre) et délibérément gourmande (ne faites surtout pas l’impasse sur les frites cuites au blanc de boeuf et la mayo maison, ni sur les desserts, le crumble au spéculoos c’est une petite tuerie). Carte des vins de l’Hexagone courte mais bien étudiée où se côtoient conventionnels et bio, pas de vins nature ni de flacons belges – allez, un ch’tit bémol !
Du belge dans l’assiette et dans le verre
Difficile de ne pas le voir, le bar du « The 1040 » dessiné par le très sélect studio londonien Russell Sage est une œuvre d’art en soi ! On s’y installe pour une papote avec Charlotte, barwoman sympa en diable, qui invite à découvrir une carte où s’étalent à l’envi des bières du terroir de nos différentes provinces belges, des bulles Piper-Heidsiek cuvée Jean-Phi, des cocktails signature bien inspirés et un gin belge d’exception, le Spring Gin Black Pepper, pour débuter la soirée chez Jean-Phi et Mattéo avec l’élégance qui sied à un rutilant 5 étoiles.

Pourquoi The 1040 va devenir votre QG ?
Parce que le tandem Jean-Phi Watteyne & Mattéo Vannini revisite sans les dénaturer ni les tronquer les grands classiques de la cuisine de brasserie belge. Un steak reste un steak. Et les frites sont cuites au blanc de bœuf !
Parce que le bar est l’un des plus élégants de la capitale.
Parce que la terrasse est braquée sur le semi-piétonnier d’une place Jourdan réellement métamorphosée en lieu de rencontres.
THE 1040, BAR ET RESTAURANT DU SOFITEL BRUSSELS EUROPE
Place Jourdan 1
1040 Bruxelles (Etterbeek)
ECO FARM A la table de Dame Nature
Une néo-cantine bio flanquée de son propre fournil à pain, une ferme et une pépinière écologiques, un marché de produits locaux, des vins et apéros nature, des ateliers maraichage, le tout dans le cadre d’une charmante éco farm implantée à La Hulpe, sur l’ancienne ferme du Long Fond, au cœur de la forêt de Soignes. Un endroit qui a du sens et invite à la mise au vert, nous on dit oui !
MOTS : SERVANE CALMANT
PHOTOS : MARINE GOBLED
Nombreux sont les consommateurs à la recherche de liens avec la nature. Tant mieux ! D’autant que c’est ce constat qui a poussé Caroline Christophe (formée à l’agro-écologie) et Jean-Marie Solvay (le proprio de la pépinière) à créer en 2017 deux maisons jumelles : l’asso- ciation « Se nourrir d’ici » et la coopérative « Les Terres d’Ici. Eco farm du Long Fond ».
Incontournables cet été, de 18h à 21h : les apéros ! Vins nature, bières et cocktails bio, planches gourmandes et DJ. Juste ce qu’il faut pour regarder le soleil darder ses derniers rayons sur les Terres D’ici…
Sur le terrain, c’est Caroline qui fait rayonner le projet, mais elle n’est pas seule. Vingt personnes l’épaulent pour mener à bien cette petite entreprise qui fédère autour de Dame Nature un maraicher, un directeur de pépinière, un boulanger, des responsables Horeca, un responsable pédagogique, des collaborateurs, des stagiaires, des bénévoles… Un comptable aussi, l’idée étant de conjuguer viabilité économique et préservation du capital naturel. Le grand démarrage du projet, c’était en ce début d’année 2019. On a été y faire un saut gourmand en avril dernier et depuis, on a juste envie d’y retourner ! On vous dit pourquoi.

• On soutient cette ferme-pilote expérimentale, parce qu’elle propose une production bio en circuit très court et une nouvelle vision du champ à l’assiette.
• Production du champ que l’on retrouve au marché du vendredi (de 16h à 20h) mais aussi dans notre assiette ! Nichée dans une vieille grange magnifiquement restaurée, une néo-cantine invite en effet à déguster la production de la ferme à travers une cuisine qui concilie variété de goûts (en mettant notamment en avant les légumes oubliés) et bienfaits diététiques (ah, ce jus de betterave ; ah aussi, ce vin nature !).
• Le buffet 100% frais proposé par Saskia et Marine se compose de céréales et fait la fête aux légumes. Dans notre bol, c’est une explosion de saveurs et de couleurs : carottes violettes, betteraves marbrées, houmous de poivrons jaunes. Vegan ? Que nenni. Saumon grillé et viande rouge ne sont pas oubliés. Ni les desserts maison qui sont à tomber !
• On l’avoue : on a craqué pour le pain de Romain qui nous a fait visiter son fournil mobile installé à côté du potager et du restaurant. C’est ici qu’il prépare la pâte avec de la farine belge bio (notamment de l’épeautre belge non hybridé lignée 24, précise-t-il fièrement). C’est ici aussi qu’il cuit son pain au four à bois, avant de le livrer à l’épicerie (à partir de 14h les mercredis et les vendredis) et au resto où on s’est régalée jusqu’à la dernière miette.
• On apprécie le dynamisme de la coopérative « Les Terres d’Ici. Eco farm du Long Fond ». Son ambition pédagogique qui vise à sensibiliser aux principes de la permaculture se traduit par des ateliers de confection (nichoir, hôtel à insectes, refuge à hérisson), des cours sur le jardin potager, les vergers, la permaculture et les sols le mercredi et les week-ends. Un espace pédagogique propose également des ateliers pour enfants et une plaine de jeux. Ateliers de cuisine pour adultes dès septembre.
LES TERRES D’ICI ECOFARM DU LONG FOND
Fermeture le lundi.
Restaurant, ouvert mardi et mercredi de 10h à 18h, jeudi, vendredi et samedi de 10h à 21h, dimanche de 10h à 16h.Pépinière, ouverte du mardi au samedi de 10h à 18h, le dimanche de 10h à 16h.
Chaussée de Bruxelles 117 à La Hulpe
T. : 02/653 80 15
Ce soir, on challenge LA BARMAID !
Challenger un barman consiste à le mettre au défi de concocter un cocktail sur-mesure. Mary, 26 ans, mixologiste, relève le pari avec entrain. Au Vertigo, temple bruxellois du before, elle a l’habitude de séduire le palais des initié.e.s. « Vous êtes florale ou épices ? », me demande-t-elle. Plutôt explosive, en fait !
MOTS : SERVANE CALMANT
PHOTOS : CHRISTIAN HAGEN
L’acteur Jérémie Renier n’a jamais caché être un noctambule ! Avec trois amis, Thierry Pierson, Renaud Deru (aka Attari) et Alexis Mosselmans (chef mixologue), il a ouvert dans le quartier du Sablon, Jalousy, un club privé pour les noctambules et Vertigo à destination des ‘beformers’ (un néologisme que les adeptes des before comprendront). La manœuvre est judicieuse: une soirée qui débute au Vertigo dès 18h risque vraisemblablement de se terminer aux petites heures au Jalousy. Avec cette petite particularité réjouissante que le Vertigo est ouvert 7 jours sur 7 – Ah le rituel dominical du cocktail qui rend les lundis plus légers…
Le hibou, le hibou
C’est Samantha Messens, la gérante du Vertigo, qui nous raconte la petite histoire de cet endroit vraiment pas comme les autres. Car il faut le trouver le Vertigo, niché qu’il est dans une arrière-maison classée au bout d’une mimi cour intérieure surveillée par la mascotte du lieu : le hibou, ô bel oiseau de nuit ! « Cette auberge, la plus vieille de Bruxelles, précise-t-elle, date de 1587, elle était d’ailleurs installée à l’extérieur de la muraille qui entourait la ville, et on pouvait y accéder par un souterrain dont l’entrée est toujours visible dans la cour du Vertigo ! Une auberge qui a accueilli successivement un cercle de penseurs, un cabaret puis un restaurant… » Et tout le mérite de la (jeune) équipe du Vertigo est d’avoir préservé l’endroit des affres du modernisme. La taverne, feutrée, distille en effet un charme d’antan dans une atmosphère bon enfant, à la belge, comme on aime.

Passons aux choses sérieuses
Sur l’étagère, les flacons rivalisent en saveurs. Le ‘So British’ Bombay nargue Hendrick’s la bouteille écossaise sortie tout droit d’un rayonnage de pharmacie, qui rivalise avec Monkey 47, le gin allemand aux 47 baies, qui défie l’espagnol Gin Mare. Les gins de chez nous ont aussi la côte : ainsi Shoreline aux saveurs de notre Littoral, Copper Head et sa bouteille cuivrée ou encore Buss aromatisé aux fruits frais. Oh, la fée verte est également de la party/ie. Qui dit gin dit aussi tonic. Vertigo a choisi un partenaire de haute tenue : Fever Tree à la quinine naturelle, pour donner un sérieux coup d’éclat aux cocktails. Derrière son bar, Mary frappe énergiquement gin, poire, cannelle, poivre noir, les ingrédients de notre ‘Made in Servane’, « pas trop sucré le cocktail », notre ultime challenge ! A la carte, une scarmorza rôtie au four des plus réconfortantes attend un flacon vineux sélectionné par Jérémie Renier himself ! Ah le rituel dominical du cocktail qui rend les lundis plus légers…
On y va pour…
Les cocktails dès 18h en before, la full ambiance dès 22h.
Les DJ sets en terrasse pendant l’été.
L’été, la cour privée pour l’afterwork, qui sert également de scène improvisée aux groupes live.
L’hiver, la flambée dans la cheminée, les chaufferettes en terrasse, le piano-bar mercredi et jeudi dès 20h.
Pour accueillir des artistes locaux ou de passage à Bruxelles.
Envie de…
Privatiser la cour-terrasse, le bar, la mezzanine, ou tout le Vertigo ?
Contactez samantha@is-this.love.be
VERTIGO
Ouvert 7/7 de midi à minuit, jusqu’à 1h vendredi et samedi.
Rue De Rollebeek 7, quartier Sablon, 1000 Bruxelles
T. : 02/511 95 17
Pourquoi on vous recommande L’AUBERGE DES MAÏEURS by La Finca ?
PARCE QUE l’Auberge des Maïeurs by La Finca est installée dans la plus vieille ferme de Woluwe-Saint-Pierre. Détruite par un violent incendie en 2009, la ferme a été retapée et accueille désormais les lauréats de l’appel à projet Horeca lancé par la commune : Sarah Potvin et Jérémy Verhelst du collectif Finca.
MOTS : SERVANE CALMANT
PHOTOS : EQUINOXLIGHTPHOTO
On tombe d’emblée sous le charme de ce bâtiment historique de 1748 classé au patrimoine bruxellois et rénové à l’identique. On like la déco biophilique bien dans l’air du temps qui confère au lieu un climat vivifiant et apaisant à la fois.
PARCE QUE la gérante de l’Auberge des Maïeurs by La Finca, Sarah Potvin, et son compagnon, ont créé la Finca (la ferme en espagnol) une activité de maraîchage située à Wezembeek-Oppem qui respecte les principes de l’agriculture biologique.
PARCE QUE dans l’assiette de l’Auberge des Maïeurs by La Finca, il y a bien évidemment des légumes et des fruits cultivés depuis six ans sur le terrain agricole de La Finca. Du maraichage bio de Wezembeek-Oppem à l’assiette de l’Auberge des Maïeurs, plus circuit court que ça tu meurs.
PARCE QUE l’Auberge des Maïeurs by La Finca est le premier restaurant bruxellois certifié bio par Certisys, un certificateur bio indépendant. Ça signifie quoi ? Que tous les produits cultivés et transformés par l’homme qui sont proposés ici sont bio. Légumes bio, viande bio, fruits bio, pain bio, alcool bio, vin bio et naturel. Gibier, pas bio, pêche industrielle, pas bio – vous suivez le raisonnement ?
PARCE QUE l’assiette est certifiée bio, champêtre, de saison, en circuit court, et… gourmande. Ainsi ce crémeux velouté de topinambours et panais œuf parfait ou encore cette entrecôte de bœuf glacée au vin rouge et échalotes confites. Soit une cuisine de terroir inventive. Les légumes proviennent de La Finca, la viande de la Bouch’Bio à Namur, le spécialiste des viandes issues de fermes biologiques de la région Wallonne. A la poursuite du goût, le vrai, c’est ici.
PARCE QUE pour chaque mets, on vous propose un vin naturel sélectionné par deux cavistes importateurs-distributeurs en vin naturel bruxellois : Mathieu Vellut (également patron de bars à vin naturel, Tarzan, Chez Jane) et Titulus (caviste et bar à vin également). Le vin nature(l) qui n’autorise aucun pesticide, prend également en compte la vinification du vin en refusant les intrants (dont les sulfites ajoutés). Trouver une alternative aux techniques de productions industrielles, c’est très bien, mais qu’en dit le palais ? Il approuve car le vin nature prend le contrepied de la standardisation du goût. Bref, boire du vin naturel c’est souvent être (agréablement) surpris par l’expression d’un terroir. Un retour au source, quoi !
PARCE QU’EN mai 2019, la ferme des maïeurs accueillera également un point de vente de produits frais, fermiers et bio en circuit court.
PARCE QU’AVEC La Finca, l’Auberge des Maïeurs, les deux comptoirs-épiceries situés à Wezembeek et à Woluwe (en mai prochain), Sarah Potvin et Jérémy Verhelst ont développé un projet intégral respectueux (des produits) de la terre. Ils méritent donc amplement notre soutien.

L’AUBERGE DES MAÏEURS BY LA FINCA
Parvis Saint Pierre, 1
1150 Woluwé-Saint-Pierre
T : 02/850 40 57
La paix
David Martin s’est longtemps demandé si le client comprenait sa cuisine. Son récent doublé au Michelin devrait apaiser ses doutes. Hyperactif, le talentueux chef de La Paix poursuit sa quête de nouvelles saveurs et techniques, notamment au Japon dont il a intégré le laborieux et exigeant savoir-faire. Avec lui, on a évoqué la saveur umami, avant de s’enivrer de jouissance culinaire. Que de réjouissances, Chef !
MOTS : SERVANE CALMANT
PHOTOS : MORGANE BALL
Ô temps, suspends ton vol. De son dernier voyage au Japon, en février dernier, David Martin a ramené une remarquable collection de couteaux en acier Tamahagane damassé conçus selon des techniques séculaires. Le couteau bleu, dont le chef a posté une photo sur sa page Facebook, il le recevra dans… quelques mois. C’est que les maîtres forgerons de Nigara Forging qui fabriquent des lames de précision inspirées des sabres des samouraïs depuis plus de 350 ans, prennent leur temps… Toshihisa Yoshizawa, le propriétaire actuel, et son fils Go, se donnent deux mois pour fabriquer un couteau ! « Pour les Japonais, nous Occidentaux voulons toujours aller trop vite ! », s’emballe David Martin avec philosophie. C’est d’ailleurs cette réflexion sur le temps qui l’incite à revendiquer « l’authenticité de l’assiette » au détriment du « coup d’éclat culinaire ». « Ma cuisine, poursuit-il, se nourrit de mes racines françaises et de mes nombreux voyages, notamment au Japon. Mes périples sont autant de clés qui ouvrent de nouvelles perspectives culinaires. Si on peut retracer mon ADN dans mon plat, alors je suis un chef heureux ! »

Un sacre résolument zen. Du Japon, David Martin a intégré la rigueur et un sens aigu de l’esthétisme poétique. Si les anciens guichets de banque et les pompes à bière reflètent bien les origines du restaurant anderlechtois, les 1000 colombes en papier mémoire reliés les unes aux autres et suspendues au plafond de La Paix renvoient quant à elles à la légende japonaise des milles grues. Cette sculpture d’origami créée par le designer belge Charles Kaisin est censée exaucer des vœux, notamment, de longévité et de bonheur. Une fable au réalisme éclatant: David Martin vient successivement de fêter les 125 ans de La Paix, de rafler une deuxième étoile au guide rouge et d’endosser le titre de Chef de l’Année décerné par le Gault&Millau. Comment gère-t-on pareille pression ? « Je me sens mieux depuis que j’ai obtenu ma deuxième étoile. Après la première, je me demandais si le client comprenait ma cuisine, s’il l’aimait. Cette deuxième récompense est un marqueur de satisfaction des convives et de Michelin ! »

« Mes voyages sont autant de clés qui ouvrent de nouvelles perspectives culinaires. »
Umami et accords évidents. « Je n’ai pas chercher à ramener des recettes du Japon mais un savoir-faire, des techniques de découpe, de cuisson, de fermentation et de conservation, de nouvelles sensations culinaires aussi ». Ainsi le shio-koji, le riz fermenté indispensable au saké que le chef utilise pour enrober certains aliments et, évidemment, le fameux effet umami. Cette cinquième saveur qui n’est ni le sucré, ni le salé, ni l’acidité, ni l’amertume, et qui est propre à certains aliments (dont le parmesan et le bouillon japonais dashi, extraordinaire exhausteur de goût), apporte une sensation d’appétence et de gourmandise qui donne envie de pousser un grand waowwww de satisfaction. Et le moins que l’on puisse écrire c’est que David Martin est passé maître dans l’art de décupler l’effet umami, notamment à travers le mariage terre-mer et en séchant certains aliments pour en concentrer le goût, la saveur, et booster littéralement les papilles gustatives. C’est dans un même but avoué de décupler notre plaisir que le chef prône les accords évidents, ainsi l’association foie gras et poutargue de mulet prochainement à la carte. On a déjà hâte d’y retourner !

L’esprit brasserie. Volontiers intarissable sur ce qui constitue désormais sa signature – l’intégration du savoir-faire japonais à la gastronomie française -, David Martin excelle également dans l’art de recevoir (l’élégance de la vaisselle méritant à elle seule un article !) en brisant le côté parfois intimidant de l’étoilé pour favoriser le contact avec l’hôte. Le mérite en revi- ent à la cuisine délibérément ouverte sur la salle, et au service dont l’élégance décontractée sied à merveille à l’esprit brasserie gastronomique de La Paix. D’ailleurs, on ne réserve pas à La Paix pour « s’offrir un étoilé » mais pour y découvrir une (forte) personnalité at- tachante : celle d’un chef à la cuisine insoumise (« ap- pliquer une cuisson unique à un homard est une aber- ration, on n’impose pas une même cuisson à un bœuf entier ! »), amoureux des légumes rôtis et des crustacés, et très respectueux des grands classiques qu’il revisite à sa manière. On n’est pas prête d’oublier cet extatique 1000 feuilles au feuilletage inversé vanille whisky (les années passées auprès d’Alain Passard ont marqué David Martin). Si la conclusion revient au chef, « ma cuisine est centrée sur elle-même, tout en étant ou- verte au monde », n’hésitez pas à faire le voyage jusqu’à Anderlecht pour en savourer les différentes escales.

Une recette de tous les jours du chef David Martin
Poulet à l’étuvée en cocotte aux légumes râpés
INGRÉDIENTS POUR 4 PERSONNES
• 1 belle volaille (pattes noires des Landes, Malines, Bresse, de 1,6 kg) ;
• 500 gr de légumes à râper, suivant la saison, on choisira du céleri rave, du potimarron, des carottes ou même des pommes de terre ;
• 150 gr de beurre salé ;
• 1 branche de romarin ;
• 1 cuillère à café de piment doux fumé de la Vera ; • 10 cl de bouillon de volaille ;
• 2 belles tranches de pain de campagne.
L’ASTUCE !
La technique de cuisson est très simple, il s’agit de cuire une volaille (ou un rôti de porc, de veau…) enrobée dans les légumes râpés. Ce qui va humidifier la volaille à la cuisson et parfumer les légumes !
• Commencez par éplucher et râper vos légumes comme vous le faites pour des carottes ;
• ajoutez à ces légumes le beurre fondu ainsi que le piment doux ;
• assaisonnez de sel et poivre et mélangez convenablement ;
• disposez dans le fond de votre cocotte les tranches de pain tartinées de beurre ;
• posez dessus la volaille et recouvrez de légumes ;
• versez dessus le bouillon ;
• démarrez la cuisson sur la taque et, dès les premières volutes de fumée, enfournez à 170°C pour une heure avec le couvercle ;
• à la sortie du four, laissez reposer 15 minutes et servir la cocotte à même la table de façon à profiter de la vue et des parfums au moment de soulever le couvercle ;
• servir les légumes, la volaille et bien sûr le pain dans le fond de la cocotte qui sera imprégnée du jus des légumes et de la volaille.
Bon appétit !
LA PAIX 1892
Rue Ropsy Chaudron 49 – 1070 Bruxelles
T. : 02/523 09 58
Nouveau CHAPITRE GOURMAND
Dans la famille Volkaerts, on demande Marc, le père. Martin, l’enfant prodigue, continuera à oeuvrer aux destinées gourmandes de l’Amandier à Genval. Contre toute attente, ce sont donc bien les parents – avec Stéphanie à la déco – qui se lancent dans une nouvelle aventure savoureuse à Céroux. Une bonne raison pour aller saluer les nouveaux patrons…
MOTS : ARIANE DUFOURNY
PHOTOS : ANNUSCHCHKA LEUNG
On ne voit qu’elle : la place de Céroux, la plus grande place arborée de Belgique, bordée de 61 tilleuls (on les a comptés !), lieu idéal d’envol des montgolfières… Frontale à cette place verdoyante se dresse la Maison communale. C’est là que de nombreux habitants se sont mariés, avant ’77, date où l’hôtel de ville change à jamais d’affectation. Depuis, tout le monde continue à fréquenter la salle des mariages, mais le bonheur est désormais dans l’assiette. Et plus que jamais. Car après avoir connu plusieurs vies puis avoir été laissée en friche pendant un an, la Maison communale renaît sous l’impulsion de nouveaux propriétaires : la famille Volkaerts. Plus précisément Marc et Stéphanie, les parents – Martin continuant son envol (vers une 1e étoile ?) à l’Amandier, la table gastronomique de Genval.
Les plats canailles, c’est Marc.
« On a rentré un projet à la Maison communale d’Ottignies Louvain-la-Neuve. Notre concept était clair : préserver l’esprit village du lieu à travers un restaurant familial qui mettrait en valeur les produits locaux. Et on a remporté le marché ! », se réjouit Marc Volkaerts qui poursuit, « on travaille si possible avec des produits belges, de proximité et de qualité au service de plats typés brasserie, certes plus simples qu’à l’Amandier, mais avec le même amour du plat bien fait ». Beurre et crème de la ferme voisine, légumes ‘Made in Bw’ (lire notre encadré), bières locales (Waterloo, Bertinchamps, Val Duc, pour l’instant), Distillerie de Biercée… Du belge (si possible), du circuit court (si possible aussi) au service d’une carte relativement courte, complétée de suggestions du jour, preuve que le chef sait pertinemment bien ce qu’il a envie de nous faire découvrir : tartare de bœuf au couteau, filet pur béarnaise, burger Rossini et, tout prochainement, chicon gratin avec des chicons made in Pinchart évidemment, ou encore des rognons et du faisan. Bref autant de plats canailles qui nous réconcilient avec la vie – d’ailleurs, après 4 mois d’ouverture, les Tilleuls affichent d’ores et déjà complet tous les midis ! C’est tout dire, non ?

La déco, c’est Stéphanie.
Directrice de salle à l’Amandier à Genval, Stéphanie Volkaerts a néanmoins trouvé le temps d’orchestrer les matières, les matériaux et les couleurs de la nouvelle brasserie de son mari. Du beige, du gris, et du safran pour la touche chaleureuse. Du belge ensuite, un peu partout. « Les tables, les sièges. Et les luminaires qui sont signés Yves Dejardin (ArtMaker), un designer liégeois qui a notamment créé rien que pour nous un lustre en bois de tilleul ! Quant à la bibliothèque à vin, elle recouvre un mur tapissé d’affiches vernies de montgolfières dont la plus ancienne date de 1977, l’an- née du premier envol au départ de la place de Céroux », s’enthousiasme Stéphanie, visiblement heureuse d’avoir contribué à préserver l’esprit village de cette accueillante Maison communale.
Le Made in Bw ?
Où comment orchestrer la rencontre producteurs locaux et consommateurs dans le Brabant wallon. Concrètement ? Made in Bw travaille avec des producteurs (la ferme de Bousval, Les Délices de Pinchart, Les ruchers du Bocquair, etc.) et approvisionne des points de vente, ainsi que le secteur horeca dont l’Amandier et Les Tilleuls.
« Avant on devait faire le tour de tous les producteurs, désormais avec Made in Bw, qui fonctionne comme une centrale, on passe commande le lundi et on est livré en produits de proximité et de qualité quelques jours plus tard », précise Marc Volkaerts.
On vous invite d’ailleurs à découvrir les produits locaux du Bw disponibles près de chez vous en géolocalisant les points de vente sur :
LES TILLEULS
Fermé le samedi midi, le mardi et le mercredi. Ouvert donc le lundi ! De 12h à 13h30 et de 19h à 21h.
Place Communale 2 – Céroux-Mousty
Réservations au 010/45 35 85
www.tilleuls.be















































