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« La simplicité de la Belgique me manque »

ADRIEN DUMONT DE CHASSART

Mots : Jason Vanherrewegge
Photo : AFP-GETTY

Unique belge présent sur le circuit PGA, le golfeur de 26 ans Adrien Dumont de Chassart, originaire de Villers-la-Ville, s’est installé il y a plusieurs années déjà à Jacksonville en Floride pour se donner toutes les chances de vivre de sa passion. Découverte d’un phénomène de la petite balle blanche qui a été formé au club de La Bruyère et au Royal Waterloo avant de s’envoler pour son rêve.

Vingt ans après avoir commencé le golf, vous avez transformé votre passion en métier. Quelle est la part de plaisir que vous avez conservée dans votre quotidien ? Elle est évidemment moindre que quand tu commences. Au départ, la progression est beaucoup plus rapide. Quand ça devient ton métier, il y a aussi des moments où tu n’as pas envie d’aller t’entraîner. De temps en temps, j’essaye quand même de me rappeler un peu de mon parcours. En tant que Belge, ce n’est pas évident d’arriver sur le circuit PGA Tour, donc c’est quelque chose dont je suis fier.

Votre père et votre grand frère vous ont donné l’envie de vous lancer dans cette discipline. Quand avez-vous su que vous vouliez en faire votre métier ? Ça a commencé quand j’ai voulu faire sport et études aux États-Unis. J’avais presque 14 ans et je commençais à un peu mieux jouer. Je me suis dit pourquoi pas, d’autant plus qu’à ce moment-là, Thomas Detry et Thomas Pieters étaient à l’université de l’Illinois donc c’est quelque chose qui m’a fort motivé. Le plan au fond de ma tête était le parcours universitaire aux États-Unis en business management. Je voulais essayer de percer pendant deux, trois ans et si ce n’était pas le cas, j’aurais au moins un chouette diplôme.

À vos 15 ans, vous avez déjà terminé deuxième de l’Orange Bowl à Miami, l’un des plus prestigieux tournois juniors, avec un calme saisissant. Comment expliquez-vous votre éternel sang-froid ? J’ai vu par le passé que quand je m’excitais assez fort, cela ne menait pas à de bons résultats. C’est la raison pour laquelle je prends le temps de me concentrer sur mon plan et de faire quelques exercices de respiration. Même si l’énervement peut parfois aussi nous motiver.

Avez-vous envisagé de faire de la méditation, par exemple, pour avoir ce calme dans les moments les plus importants ? L’année passée, pendant quelques mois, j’ai fait pas mal d’exercices. J’ai été mis dans des situations de stress pour essayer de diminuer les battements de mon cœur. C’est important de trouver sa fréquence pour performer au mieux.

La régularité est également une clé dans le sport de haut niveau. Je me débrouille mieux à ce niveau-là cette année. Quand je suis arrivé sur le circuit PGA, tout était nouveau. Je passais énormément de temps en début de semaine pour travailler mon jeu, pour reconnaître le terrain. Et j’ai remarqué que souvent, avant le week-end, j’étais déjà épuisé mentalement. C’est alors très dur de faire de bonnes performances le samedi et le dimanche. Sur le long terme, c’est une clé de pouvoir être frais et de pouvoir mieux gérer les températures élevées ou le fait qu’il y ait beaucoup de monde.

À 19 ans, vous avez été élu golfeur amateur masculin belge de l’année. Est-ce que vous l’avez ressenti comme une pression ou, au contraire, comme une motivation ? Une motivation. Après, quand je suis arrivé à l’université, c’était tellement intense. Tu ne te bats plus pour toi-même mais pour une équipe. Cette pression pouvait être une bonne chose parce que je devais tout mettre en œuvre pour faire performer l’équipe. Cela m’a aidé car le focus n’était plus juste sur moi.

Est-ce que vous auriez pu réussir si vous n’aviez pas été aux États-Unis ? Je ne pense pas que je serais sur le circuit PGA. Peut-être que j’aurais été sur le Challenge Tour. Cette mentalité américaine de ne jamais abandonner, ça m’a beaucoup aidé. Se lever à 5h30 pour aller au sport et développer la discipline qu’il faut pour être un athlète de niveau, je pense que je l’ai appris aux États-Unis.

Cela fait trois ans que vous êtes devenu professionnel. Comment gérez-vous les hauts et les bas dans votre carrière ? C’est très dur de gérer les difficultés sur le moment même, mais je sais qu’il faut rester patient. Il faut continuer à bien s’entraîner et retrouver de bonnes sensations. Le jeu finira toujours par revenir petit à petit.

Vous êtes le seul Belge sur le circuit PGA. Comment le vivez-vous ? J’avoue que je ne me suis pas trop posé la question, parce qu’on a Thomas Detry et Thomas Pieters sur le LIV qui sont des très bons joueurs. Sur le circuit PGA, les gens sont fort concentrés sur eux-mêmes. Ils ont une famille, ils s’entraînent et tout est un peu planifié. Je suis habitué.

La Belgique vous manque-t-elle ? Oui. La famille, la nourriture… Je dirais un peu la simplicité de la Belgique, dans un sens où je viens de la campagne. Je ne suis pas un grand fan des grosses villes ou des grosses foules. Je reviens à chaque fois pour les fêtes de Noël, mais je dois avouer que je suis bien en Floride, en général en décembre (rires). Même si un bon américain frites manque de temps en temps.

https://www.adrienddc.com
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