Les Bains de Spa
Miroir des âmes et des eaux
Mots : Jason Vanherrewegge
Photos : DR
En plein cœur de la ville de Spa, berceau du thermalisme européen et classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, l’hôtel Les Bains de Spa représente une ode au bien-être. Entre architecture historique et douceur contemporaine, fresques mythologiques et spa d’exception, ce lieu né en 1868 ressuscite la grandeur d’hier dans une atmosphère de sérénité absolue.
Sous les voûtes peintes de lumière, l’air semble encore bruire des conversations d’autrefois. Aux Bains de Spa, chaque pierre et chaque colonne respirent un passé grandiose. L’histoire s’y mêle à la vapeur des sources et à l’éclat du marbre poli. On devine, dans le silence feutré des couloirs, les pas de ceux qui ont jadis séjourné ici: Joseph II, David Bowie, Pablo Picasso, la Reine Victoria, Charles Baudelaire, Winston Churchill ou encore Marie Curie. Tous ont succombé à la magie de cette ville mythique, berceau du mot devenu universel : spa.
L’architecture du lieu, majestueuse et singulière, transcende les époques. Sous des plafonds ornés de fresques mythologiques d’une grâce quasi céleste, parfois dignes de la chapelle Sixtine (la technique de production est d’ailleurs la même qu’au sein du Vatican !), s’élèvent des colonnes imposantes, témoins d’un faste que la modernité n’a pas effacé. L’hôtel déploie un art rare: celui de conjuguer le raffinement d’hier et la subtilité du confort d’aujourd’hui. Ici, tout respire la beauté des grands hôtels d’eau, réinterprétée avec la délicatesse du luxe contemporain.
Dès l’arrivée, le ton est donné. Le verre de bienvenue, une coupe de bulles locales, se déguste au choix dans la salle Cognac ou la salle Marine. L’une, feutrée et boisée, évoque les clubs masculins d’autrefois ; l’autre, toute de reflets d’or bleu, s’habille d’une féminité douce et lumineuse. Deux atmosphères, deux sensibilités, comme un écho aux anciens bains romains où l’on séparait les hommes et les femmes avant que les mœurs s’assouplissent. Cette dualité se poursuit tout au long du séjour: on dîne dans le salon des dames, on se rend dans celui des messieurs pour composer son petit-déjeuner. Deux mondes qui s’observent et se répondent dans une subtile conversation entre passé et présent.
Le spa, cœur battant de l’hôtel, est une œuvre d’art à part entière. L’allée centrale, baignée de lumière naturelle, conduit aux bains romains comme à un sanctuaire. Les fresques et mosaïques, les courbes délicates et les voûtes ornées forment un décor d’une beauté saisissante. Autour, le parcours se déroule comme un rituel: sauna, hammam, cabine infrarouge, jacuzzi, puis une zone relaxante dominée par un mur de sel qui diffuse une lumière ambrée, presque céleste. Ici, l’eau apaise, la chaleur enveloppe et l’esprit se tait. Les lieux abritent le seul espace Clarins Wellness de Belgique, véritable temple de soins où l’expertise cosmétique se mêle à la volupté des gestes et au calme des pierres. Après quelques instants seulement, le monde semble s’être arrêté. On en ressort comme régénéré avec le regard plus clair, la peau apaisée et une âme bien plus légère.
À l’extérieur, le patio sommeille encore sous le souffle de l’automne. Quand reviendront les beaux jours, il promet d’offrir un autre visage du lieu: plus ouvert, plus solaire mais toujours empreint de cette majesté tranquille qui fait des Bains de Spa un refuge pour le corps et pour l’âme. Ce jardin secret, blotti entre les murs de l’enceinte, assure de prolonger, en plein air, la volupté des eaux intérieures.
Le soir venu, le restaurant dévoile un décor somptueux: fresques d’époque, hauts plafonds et miroirs dorés. L’expérience s’inscrit dans la grande tradition des brasseries françaises, où l’on revisite les classiques du terroir avec élégance. Au menu, un velouté de butternut onctueux, un tataki de thon et un filet de canard gourmand accompagné de sa purée de panais au café. La carte des boissons ajoute une touche ludique et raffinée à ce moment suspendu où sirop de cuberdon et rosée de Spa, entre autres, enjolivent les cocktails signatures. Seule la lumière, un peu vive, vient troubler ce tableau qu’on imaginerait mieux à la lueur des chandelles. Mais l’émotion demeure: dans cette salle où se sont attablés Léopold II, Napoléon, Marcel Proust, Simone de Beauvoir ou l’éternel séducteur Casanova, chaque dîner résonne comme un écho du passé, une conversation entre les siècles.
Les chambres prolongent ce dialogue entre héritage et modernité. Les moulures et les étoffes épaisses ainsi que les têtes de lit capitonnées rappellent le charme historique des palaces d’antan. Les teintes douces et les lignes sobres, elles, apportent la sérénité du confort contemporain. Les jeux de lumière, les rideaux lourds et la literie moelleuse enveloppent l’espace d’une douceur presque théâtrale. Rien d’ostentatoire pour autant. Tout est dans la nuance. Au final: la promesse d’un sommeil apaisé, bercé par le silence d’un lieu hors du temps.

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