LE WESTMINSTER : là où la légende continue de s’écrire
LE WESTMINSTER
Là où la légende continue de s’écrire
Mots : Barbara Wesoly
Photos : DR
Joyau de l’architecture art déco autant que symbole des années folles, Le Westminster semble défier le temps, gagnant en majesté au fil des décennies. Adresse incontournable de la station du Touquet-Paris-Plage depuis plus d’un siècle, l’hôtel incarne toute la beauté de celle que l’on surnomme « La perle de la Côte d’Opale ».
C’est une destination célèbre et célébrée qui conserve pourtant des airs de refuge. Un nom emblématique qui continue malgré tout de ressembler à un secret bien gardé. Le Touquet-Paris-Plage, c’est 113 ans d’une histoire qui s’écrit dans la douceur des contraires. Ceux d’un dépaysement tout proche de la Ville Lumière et du raffinement d’une station balnéaire huppée au cœur du panorama sauvage de la Côte d’Opale. On y vient pour la beauté de ses forêts de pins et de ses dunes de sable fin, comme pour ses boutiques et ses élégantes villas. Pour goûter aux promenades à cheval et flâner à la découverte de ses monuments et galeries d’art. Pour la vie estivale, bruissant d’animation autant que pour le charme d’une escale paisible hors saison. On y vient aussi, immanquablement, pour Le Westminster.
Au fil raffiné des époques
Dans un centre-ville aux larges allées bordées de jardins, sa façade de briques roses et pierres blanches, sculptée par des bow-windows donne le ton, celui d’un hôtel demeuré emblème du Touquet depuis sa construction en 1924. Un cadre d’une élégance impériale, mais aussi d’un impressionnant patrimoine historique, marqué par le passage d’hommes d’État et d’artistes internationaux. Et dont la légende raconte même qu’il aurait abrité l’écriture de Casino Royale, premier James Bond, lors d’un séjour de Ian Fleming. Une adresse longtemps lieu de rencontre de la haute société parisienne comme londonienne dont le patronyme et l’architecture révèlent la profonde influence anglo-normande qui baigne la station. Porté par son succès, Le Westminster s’est doté d’une seconde aile, à peine deux ans après son ouverture. Mais c’est pourtant une autre transformation, neuf décennies plus tard, qui paracheva son statut d’icône. Celle, réalisée en 2019 lors de son rachat par le prestigieux groupe hôtelier Barrière. Une rénovation orchestrée avec panache par l’architecte et décorateur Bruno Borrione, qui le propulsa au rang de seul établissement cinq étoiles de la région.
Le défi était pourtant de taille. Revisiter l’esprit, sans en effacer le caractère, ce mélange purement touquetois d’architecture art déco et de luxe feutré, façon manoir britannique. Il n’aurait pu être plus réussi. Porte à tambours, comptoirs en bois noble et escaliers en marbre, les éléments restaurés demeurent partout les témoins d’un âge d’or subtilement modernisé. La plus impressionnante étant la majestueuse cage d’ascenseur en ferronnerie et verre, au centre du grand hall, dont les arabesques de métal et le W signature se retrouvent également à chacun des quatre étages de l’hôtel. L’établissement abrite 104 chambres et suites, où le prestige contemporain rencontre les codes des années folles. Laque et marbre, cuir tabac et chêne fumé, les matériaux sont précieux, les teintes royales, bleu de Prusse, rouge Basque, gris et sable. Un dialogue entre présent et héritage qui passe aussi par l’art qui ponctue les espaces de l’hôtel.
Goûter au meilleur
Parce qu’il ne serait de cinq étoiles sans table, Le Westminster abrite également de jolies histoires gastronomiques menées par le chef William Elliott, aux commandes de son offre culinaire depuis trente ans. Un récit prestigieux pour Le Pavillon, restaurant étoilé où l’on vient profiter d’une élégante cuisine française entre terre et mer, agrémentée d’associations créatives. Un rendez-vous exclusif puisque son salon feutré et sa terrasse ensoleillée n’accueillent que vingt à trente convives par service. À moins de préférer une fable bistronomique inspirée des grands classiques de l’hexagone et de s’inviter à La Table du West. Dans l’atmosphère dorée de ses murs de bois blonds et face à sa cuisine ouverte, les incontournables sole meunière et huîtres normandes croisent les découvertes savoureuses, comme la ceviche de daurade royale, houmous de courgette jaune ou les ravioles de faisselle, marjolaine. Deux rendez-vous gourmands s’ajoutent également au menu. L’un dans la salle des Ambassadeurs, théâtre végétal du buffet du petit-déjeuner de l’établissement et de son somptueux brunch du dimanche. Et le tea time, en pure tradition britannique, dont on savoure les scones et les pâtisseries dans le salon du Bar du West, dont l’ambiance distinguée et cosy à la fois nous appelle à revenir y prendre un verre à la nuit tombée. L’expérience se poursuit avec volupté du côté du spa Nuxe de l’établissement, lui aussi récemment repensé. Entre plongeon dans la piscine et soins personnalisés, la parenthèse se fait aussi douce que les lieux. Et érige définitivement Le Westminster en joyau du Touquet, à l’alliance parfaite d’âme et d’élégance.
www.hotelsbarriere.com
Vagues de bien-être au GRAND HÔTEL DES THERMES DE SAINT-MALO
Vagues de bien-être au
GRAND HÔTEL DES THERMES DE SAINT-MALO
Mots : Nicolas De Bruyn
Photos : DR
Trônant sur la splendide plage du Sillon, le célébrissime Grand Hôtel des Thermes de Saint-Malo invite à une parenthèse régénérante, portée par les bienfaits de la thalassothérapie, le confort d’un établissement d’exception et le charme intemporel de la cité corsaire. Entre sable blond, embruns vivifiants et élégance feutrée, chaque instant y devient une promesse de lâcher-prise.
Reconnu sous le nom de Grand Hôtel des Thermes, ce prestigieux établissement se dresse face à la mer depuis plus d’un siècle. C’est en 1883 qu’il voit le jour sous l’appellation Grand Hôtel de Paramé, à l’initiative d’un banquier parisien. Très vite, il devient une adresse en vue de la côte d’Émeraude, fréquentée par l’aristocratie et la bourgeoisie française, anglaise et russe séduites par les bienfaits de l’air marin et les débuts de la villégiature balnéaire.
En 1963, le docteur Heger y fonde l’un des tout premiers centres de thalassothérapie en France, tirant parti des ressources marines pour offrir des soins aux vertus thérapeutiques. En 1981, l’histoire prend un nouveau tournant lorsque Serge Raulic rachète l’ensemble. Sous son impulsion, l’adresse cinq étoiles entre dans une nouvelle ère, alliant tradition hôtelière, innovation thérapeutique et excellence de service. Une vision toujours soutenue aujourd’hui par Serge, Olivier et Charlotte Raulic.
Ancré dans l’histoire sans jamais cesser de se réinventer, le Grand Hôtel des Thermes est bien plus qu’un simple hôtel de luxe : c’est une destination à part entière. Dans un monde où le stress règne en maître, les attraits d’un séjour au sein de ce monument du patrimoine malouin sont multiples.
Au cœur des Thermes, la mer comme source de soin
Si l’élégance du lieu séduit au premier regard, c’est la qualité des soins marins qui fait la différence. Depuis plus de soixante ans, le Grand Hôtel des Thermes fait figure de référence en matière de thalassothérapie. Élaborés par des experts et réalisés par des professionnels formés sur place, les protocoles de soins associent technicité et écoute.
Ici, les bains à jets, les enveloppements aux algues, les drainages marins et les massages sous affusions sont autant de rituels qui soulagent, revitalisent et apaisent. Parmi les installations les plus emblématiques du centre, le parcours Aquatonic® occupe une place à part. Véritable signature des Thermes Marins, ce bassin d’eau de mer chauffée, animé par près de 200 jets sous-marins, propose un enchaînement de zones de massage, de turbojets et de bains à bulles. On y chemine lentement, presque en apesanteur, à travers un labyrinthe aquatique pensé pour activer la circulation, détendre les tensions musculaires et revitaliser l’ensemble du corps.
Des soins pour chaque parcours de vie
Cette année, le séjour « Mer & Starter Poids de forme » se distingue comme une réponse concrète aux besoins d’accompagnement en amont d’une perte de poids. Toujours fidèle à sa vocation d’accueil des jeunes mamans, l’institution bretonne propose également un nouveau soin « Future Maman », une véritable bulle de bien-être prénatal. Quant au séjour emblématique « Mer & Maman Bébé », il a été entièrement réinventé dans un esprit global de cocooning.
Dormir aux rythmes des marées
Les 177 chambres et suites, aux noms inspirés de l’univers marin, déclinent un art du repos élégant et feutré. Certaines s’ouvrent sur la plage, avec pour musique de fond le son de la mer. Un bonheur qu’on apprécie à toute heure.
Le goût du bien-être
Le chef Daniel Le Guénan et le chef pâtissier Sylvain Dahirel signent une partition à quatre mains dans les restaurants de l’hôtel. Au Cap Horn, avec sa vue spectaculaire sur la baie de Saint-Malo, la carte met en lumière les circuits courts et les produits du terroir. La marinière de coquillages glacés, gelée de concombre et vinaigrette safran, ou le galet de mousse aux céréales torréfiées, miel, citron confit et lait ferment illustrent avec finesse l’esprit du menu Prestige. À La Verrière, l’assiette s’inscrit dans une approche plus légère, élaborée avec la nutritionniste de l’établissement, toujours sans compromis sur la gourmandise. Les calories y sont même indiquées à la carte. Enfin, le bar La Passerelle invite à contempler l’un des plus beaux spectacles naturels qui soient : le ballet hypnotique des marées, qui transforment le paysage à chaque heure du jour.
Face à la plus belle plage de France
Sa situation en bordure de la grande plage du Sillon est en elle-même une promesse d’évasion. Depuis ses fenêtres, l’horizon s’ouvre sur l’une des plages les plus emblématiques de France, réputée pour son sable doré, ses eaux claires et sa vue imprenable sur la vieille ville intra-muros, le Fort National et la digue de Rochebonne. Longue de trois kilomètres, cette plage est protégée par un alignement de brise-lames en chêne, dressés face à la force des vagues. Elle se révèle idéale pour la baignade, mais aussi pour des activités sportives à découvrir grâce au pass préférentiel de l’hôtel : paddle, planche et char à voile, surf, catamaran ou encore plongée.
Ancrage malouin
Joyau architectural de la Bretagne, Saint-Malo invite à la flânerie dans l’intra-muros, cœur historique protégé par ses remparts. Ses ruelles pavées, ses demeures d’armateurs et son atmosphère chargée d’épopées corsaires racontent l’âme de la cité. On s’y attable autour d’une galette de sarrasin à la Maison Hector, avant de rejoindre l’îlot du Grand Bé, où repose Chateaubriand. Sur son tombeau, ni nom ni date. Juste cette inscription : « Un grand écrivain français a voulu reposer ici pour n’entendre que la mer et le vent. Passant, respecte sa dernière volonté. » On le comprend !
LA RÉSERVE PARIS, là où le luxe devient intime
LA RÉSERVE PARIS
Là où le luxe devient intime
Mots : Nicolas De Bruyn
Photos : Grégoire Gardette
Au cœur du Triangle d’Or, là où bat l’âme de la capitale française, La Réserve Paris – Hotel and Spa incarne une forme de perfection discrète. Membre du cercle très restreint des « Palaces » français, couronnée Meilleur hôtel du monde par La Liste 2025, cette adresse imaginée par Michel Reybier propose bien plus qu’un séjour : une immersion dans l’élégance, le raffinement et l’excellence du service. Une décennie déjà consacrée à l’exception.
Entre l’avenue Montaigne et le Faubourg Saint-Honoré, l’hôtel se révèle comme une confidence, dissimulé derrière une façade haussmannienne. Dans l’ancien hôtel particulier du Duc de Morny, revisité avec maestria par le décorateur Jacques Garcia, objets, matières et volumes entrent en résonance avec l’histoire des lieux, marquée par la Belle Époque : lustres scintillants, cheminées en marbre, bois précieux, étoffes somptueuses, œuvres d’art, et des escaliers qui semblent porter en eux des siècles de splendeur.
L’art de recevoir
C’est notre première fois à La Réserve Paris, mais tout donne le sentiment d’un retour. Nous sommes accueillis comme si nous étions déjà familiers des lieux, de ces couloirs feutrés aux tapis lie-de-vin et murs pourpres ponctués de cadres choisis, menant à des portes noires soulignées de filets dorés derrière lesquelles se répartissent seulement vingt-cinq chambres et quinze suites.
La nôtre, la Suite Eiffel s’ouvre comme un appartement parisien du début du XXe siècle. Moulures sculptées, appliques dorées, rideaux drapés, bois sombres et velours profonds composent une élégance classique, ponctuée de pièces chinées chez des antiquaires parisiens.
La salle de bain mérite qu’on s’y attarde.Entièrement habillée de marbre de Carrare, elle se distingue par une imposante douche à l’italienne et une spectaculaire baignoire en métal poli, à l’effet miroir. Ses lignes doucement galbées lui confèrent l’allure d’un objet d’art.
Depuis le balcon aux balustrades finement sculptées, la vue est celle des amoureux de Paris. L’avenue Gabriel s’étire à nos pieds, la tour Eiffel s’élève au loin, et le Grand Palais se dévoile entre les feuillages. Un panorama à contempler à toute heure, surtout lorsque la ville Lumière commence à scintiller.
À notre arrivée, notre butler particulier est là, discret. Rien n’a été demandé, tout semble déjà pensé. Dans la chambre, un coussin de grossesse, un hochet sur la table de chevet. Dans le salon, un bouquet de fleurs blanches, une bouteille de champagne sans alcool, un assortiment de douceurs. Le bar privé, somptueusement garni, étincelle, prêt à satisfaire toutes les envies.
Autant de gestes délicats qui nous touchent. Nous allons devenir parents. Si l’information figurait sur la réservation, c’est la justesse de ces attentions qui retient notre regard.
Une cuisine à la mesure du lieu
Le soir venu, nous découvrons La Pagode de Cos, le restaurant contemporain de La Réserve Paris. Une carte dictée par les saisons, orchestrée par le chef triplement étoilé Jérôme Banctel. Chaque assiette célèbre le terroir avec finesse et équilibre. Le ceviche de daurade côtoie une burrata toute en douceur, les tagliolini au homard répondent à un hamburger maison soigné jusque dans les détails. Et les desserts jouent la partition de la gourmandise maîtrisée : tartelette framboise, vacherin fraise-rhubarbe, tiramisu glacé signature, ou encore la célèbre tarte au chocolat du Gabriel. Dans les verres, un Bordeaux et un Saint-Estèphe du Château Cos d’Estournel rappellent l’autre passion de Michel Reybier, celle de la vigne et du grand vin.
Aux beaux jours, le patio entièrement végétalisé déploie son charme à l’abri des regards. Palmiers, fougères et éclats floraux y composent un décor luxuriant, loin du tumulte parisien.
Fermé le week-end, Le Gabriel s’est hissé parmi les tables les plus emblématiques au monde. L’année dernière, l’établissement a décroché sa troisième étoile au Guide Michelin, couronnant le travail d’orfèvre du chef Jérôme Banctel et de ses équipes. Les menus — Escales, Virée et Périple — se déclinent comme de véritables chorégraphies gustatives, en cinq, sept ou neuf temps, toutes portées par une même exigence : magnifier le produit avec justesse et précision.
À quelques pas, le Bar Le Gaspard s’impose comme le nouveau rendez-vous chic et détendu des Parisiens. Avec sa double terrasse donnant directement sur l’avenue Gabriel, il séduit par son atmosphère élégamment décontractée, parfaite pour débuter la soirée autour d’un cocktail.
Prendre le temps, un luxe ultime
Le matin venu, difficile de quitter notre parenthèse enchantée… mais comment résister à l’appel de Paris, surtout lorsque de jolis vélos électriques nous attendent. Après un petit déjeuner gourmand servi au choix dans notre chambre, à La Pagode de Cos, ou dans la confidentielle Bibliothèque Duc de Morny, entre boiseries anciennes et ouvrages choisis par Michel Reybier, la journée peut alors prendre son élan. Ou prolonger ce moment suspendu. Paresser dans la sublime piscine intérieure, goûter au calme du hammam, s’offrir un soin signé Nescens. Et surtout, savourer chaque instant dans ce lieu où tout n’est que ravissement.
L’excellence ici ne s’impose pas. Il s’infuse dans l’instant, et nous l’avons simplement vécu.
Mas en Scène - L’échappée belle et confidentielle signée Bea Mombaers
Mas en Scène
L’échappée belle et confidentielle signée Bea Mombaers
Mots : Barbara Wesoly
Photos : DR
C’est à l’ombre du Mont Ventoux, dans l’écrin de nature sauvage du Vaucluse, qu’est niché Mas en Scène et son domaine bordé par les champs d’oliviers et les forêts. De cette ancienne bâtisse de pierre, la décoratrice d’intérieur belge Bea Mombaers a fait naître une maison d’hôtes où le raffinement côtoie l’hospitalité, véritable refuge intime sur fond de douceur provençale.
« Créer une maison d’hôtes permet d’aménager l’espace autant que de bâtir des liens. Mon plus grand plaisir est de voir les gens revenir et devenir des habitués. Décorateur d’intérieur est un métier destiné à rendre heureux, à donner de la joie ». Joie, un mot qui semble émailler pleinement le parcours passionné de Bea Mombaers. Chercheuse de trésors stylistiques, elle chine l’exception et réinvente des lieux depuis plus de 30 ans, avec un enthousiasme intact. « J’aime les objets qui ont une histoire, les trouvailles uniques et cosmopolites. Le beau mais sans qu’il soit stérile et inamovible. La décoration est faite pour évoluer, être un terrain de jeu, tant qu’elle garde pour fondement l’identité de l’endroit, afin de lui donner une empreinte authentique. C’est pour cela que j’évite de définir mon style. Je préfère laisser les intérieurs parler pour moi » ajoute-t-elle dans un sourire.
Un mélange de créativité débordante et de réinvention permanente devenus les maîtres-mots d’une renommée internationale, mais dont l’ancrage premier reste la ville de Knokke. Celle-ci a en effet hébergé les deux premiers Bed & Breakfast de Bea Mombaers. L’un au sein de la villa du designer Lionel Jadot, un cottage typique qui abritait un loft aux influences rétro. L’autre, dans une maison du Zoute à l’élégance épurée. Knokke accueille d’ailleurs toujours, Items, la boutique de design de la créatrice, mêlant vintage et contemporain. Une passion pour la ville côtière restée longtemps inégalée, jusqu’à la rencontre de la Provence, par un hasard qui s’est mué en coup de cœur. « Mes amis entrepreneurs, Alberte Jackers et Geert Van Loock adoraient le Vaucluse et m’y ont invité pour un anniversaire. En découvrant la région, j’ai été fascinée par la nature préservée et la splendeur des paysages. J’y suis retournée, encore et encore et puis, il y a huit ans, Alberte et Geert ont racheté l’hôtel du Pont de l’Orme dans le village de Malaucène, au pied du Mont Ventoux, afin de le transformer en maison d’hôtes et m’ont demandé de repenser son aménagement intérieur. Cette expérience n’a fait que renforcer mon envie de poser mes bagages dans les environs. Alors, lorsqu’en 2021, ils m’ont proposé d’acquérir avec eux un ancien mas des environs, avec un domaine de cinq hectares, je n’ai pas hésité ».
L’harmonie des contrastes
De ce qui deviendra Mas en Scène, ne se distinguaient encore que les contours. Ceux d’une bâtisse caractéristique de l’architecture provençale, à la structure en U et aux murs massifs de pierre sèche, dont l’intérieur était vétuste et encombré. « C’était déjà un Bed & Breakfast mais qui ressemblait à un incroyable fourbi », raconte Bea Mombaers. « Tout était à refaire, et surtout, il fallait laisser entrer la lumière. Nous avons conservé les poutres apparentes et la cheminée du séjour, ajouté de nombreuses baies vitrées au rez-de-chaussée. A l’étage, qui était divisé en multiples petites pièces, nous avons démoli les cloisons pour aménager quatre suites et deux chambres privées ». Alors qu’elle travaille habituellement en duo avec l’architecte d’intérieur Peter Ivens pour des projets de cette envergure, la décoratrice était cette fois pleinement aux commandes pour y concevoir un refuge serein. Le lieu accueille désormais un mariage pluriel d’artisanat local, d’œuvres d’art, de souvenirs de voyage et de mobilier déniché dans les brocantes et chez les antiquaires régionaux, dont Bea Mombaers se rappelle chaque origine. « Les lustres en fer forgé, les armoires patinées et l’imposante table de la salle à manger lui donnent du cachet et offrent un joli contraste avec les chaises de l’architecte contemporain Vico Magistretti. Les céramiques ont été réalisées par une créatrice espagnole, les assiettes, peintes à la main par un artisan turc, les chandeliers et les pichets façonnés par une artiste portugaise. Un profond métissage dont naît une forme d’harmonie et qui en parallèle reste pleinement respectueux du style provençal. » Près de la piscine et dans le jardin bordé d’oliviers, on retrouve également les canapés et sièges minimalistes et luxueux, que la designer a conçus pour Serax. Tous façonnent un décor où l’art de vivre se mêle à la volupté, hommage parfait au chant des cigales et au ciel radieux de la région. Si Bea Mombaers fait toujours régulièrement escale à Mas en Scène, la créatrice continue aussi son périple sur les terres du Vaucluse. Après avoir habillé la prestigieuse retraite Câlin, à Valréas, c’est à Bonnieux qu’elle transforme désormais une maison privée. Dénicheuse de beauté, mais avant tout façonneuse d’âme.
Villa Bonnie - L’escapade knokkoise où il fait bon de savourer
Villa Bonnie
L’escapade knokkoise où il fait bon de savourer
Mots : Barbara Wesoly
Photos : Gazeuse
C’est à Duinbergen, parcelle la plus paisible et bucolique de Knokke-Heist et à seulement 400 mètres de la mer, que la Villa Bonnie ouvre ses portes aux amateurs de séjours aussi douillets qu’élégants. Dans ce boutique-hôtel intime, on se régale de l’hospitalité de la plus huppée des stations balnéaires de la côte belge, avec la délicieuse impression d’être à la maison.
« Bienvenue dans notre villa ! » s’exclame chaleureusement John, le propriétaire des lieux, en ouvrant la porte à ses hôtes avant de les conduire jusqu’à un bureau ouvert où des fauteuils d’un bleu de ciel entourent une cheminée et des objets d’art. Tout y respire la quiétude et l’on croirait avoir franchi le seuil de l’une de ces superbes villas côtières, dont Knokke la belle a le secret. Lorsqu’ils ont rénové et transformé l’année dernière cette demeure datant de 1955, sa femme et lui ont en effet souhaité en conserver le cachet typique, avec ses toits rouges et ses angles ciselés ainsi que l’élégance accueillante qui définit le sens du luxe de la très prisée station balnéaire.
Tradition et convivialité
Il n’était pas non plus question de rompre avec l’intimité et le confort. C’est pourquoi le boutique-hôtel ne compte en tout et pour tout que 14 chambres, comprenant des versions petites, doubles et familiales ainsi que des suites. Dans leur décor immaculé et douillet, des touches rayées rouges et blanches évoquent la plage, l’air marin, ainsi qu’une atmosphère parisienne chic et rétro. Un motif qui orne également les auvents en façade et les coussins de la terrasse abritée par la végétation, comme les lampes et le tapis du restaurant. Au sein de celui-ci se mêlent une nouvelle fois raffinement et convivialité, avec de grandes tablées où partager en famille ou entre amis, des banquettes moelleuses et des sièges accolés au bar, tous donnant sur une cuisine ouverte, où la maîtresse de maison prépare avec son équipe, un petit-déjeuner en fonction des souhaits de chaque convive, avant qu’ils ne partent goûter aux plaisirs du littoral. Car si la Villa Bonnie n’offre pas un vis-à-vis sur la plage, on peut aisément rejoindre celle-ci à pied, tout comme d’ailleurs les quartiers animés de la ville, ses places emblématiques et ses galeries contemporaines. On quitte à regret cet hôtel charmant, où l’on se sentait déjà comme chez soi.
Le Saint Paul - L’art et la manière
Le Saint Paul
L’art et la manière
Mots : Jason Vanherrewegge
Photos : DR
Il y a des lieux où le temps semble suspendu. À Saint-Paul de Vence, village perché aux parfums d’éternité, l’art côtoie les vieilles pierres et la lumière épouse chaque recoin. Au cœur de ce décor de carte postale, l’hôtel Le Saint Paul, Relais & Châteaux d’exception, prolonge cette impression d’intemporel avec une élégance certaine. Le temps d’un séjour, on s’y sent ailleurs, et pourtant un peu chez soi.
Avant même de franchir les remparts de Saint-Paul de Vence, le charme opère. Ce village minéral, baigné de soleil et de mémoire, s’offre comme un refuge d’art et de douceur. Il faut s’y perdre à pied, sentir les pavés sous les pas, humer les parfums de jasmin et de pierre chaude, observer les galeries et les volets entrouverts. Et puis, comme un secret bien gardé, on pousse la porte de l’hôtel Le Saint Paul, seul établissement situé à l’intérieur des remparts, protégé des regards et du tumulte.
Maison de maître au passé dense (elle a été bâtie avant même les remparts au début du XVIe siècle !), cette ancienne quincaillerie conserve une âme certaine enrichie par les attentions du présent. Aujourd’hui membre de l’association prestigieuse Relais & Châteaux, l’hôtel porte haut les couleurs et les valeurs d’une hospitalité sincère, à la française : exigence, chaleur, générosité discrète. Le personnel s’y fait complice sans être familier, toujours attentif sans excès, dans une justesse rare.
La suite que nous découvrons évoque un Versailles méditerranéen : lit royal de deux mètres sur deux, appliques en forme de chandeliers, rideaux épais, coussins moelleux, coiffeuse illuminée d’un reflet célèbre, bibliothèque à hauteur de main et toile aux couleurs d’un autre temps. Dans la salle de bains, douche à l’italienne et baignoire aux pieds détaillés s’épousent dans un équilibre parfait. Aucun écran ne vient troubler la paix : ici, on lit, on rêve et on prend le temps de respirer sans télévision. Tout, jusqu’aux produits de la salle de bains dénichés dans la boutique voisine, cultive une forme d’art de vivre enraciné dans la tradition.
L’expérience se prolonge dans les salons où s’attardent les voyageurs, entre sobriété des murs, bibliothèque soigneusement remplie, jeu d’échecs élégant et fauteuils profonds. Mais c’est au restaurant que le charme s’achève de convaincre. En salle, outre la chaleureuse disposition des tables, une incroyable cave à vin vitrée se distingue pour des repas confidentiels au cœur des flacons. À l’extérieur, la terrasse en pierre bordée de murs végétalisés et d’œuvres locales se dresse fièrement à l’abri du village. Les serveurs, impeccables, sont assortis aux parasols rouges, détails étudiés jusqu’à l’élégance de l’ombre.
Le midi, l’assiette joue une partition bistronomique, généreuse mais raffinée. Le poisson du jour est présenté entier, comme une œuvre, avant d’être travaillé en cuisine et servi avec justesse. Chaque plat témoigne d’un amour du produit et d’un souci du détail. Le soir, l’ambiance se fait plus feutrée, presque solennelle. La vaisselle, ornée de motifs en hommage à Chagall, célèbre le voisinage artistique du village. On dîne de manière gastronomique dans une atmosphère presque suspendue. Les plats signatures arrivent comme des surprises, compositions légères et savantes qui jouent avec les saisons.
Le luxe ici ne crie pas. Il s’infiltre partout, dans la possibilité d’un massage en chambre, dans l’évidence d’une fleur fraîche sur une table, dans le professionnalisme du service ou dans le calme enveloppant de la chambre, quand la nuit tombe. Il est là, dans cette volonté de faire de chaque détail un geste de bienvenue, de transformer une nuit en expérience.
Et quand on quitte les murs de l’hôtel, Saint-Paul de Vence poursuit l’enchantement. Ce village de pierre est un musée à ciel ouvert, où chaque ruelle semble abriter un poème. La Fondation Maeght, temple de l’art moderne, rassemble Giacometti, Miró ou Calder dans une mise en scène naturelle éblouissante. Il vous faudrait toute une vie pour dénicher les secrets cachés de tous ces artistes qui ont offert leur talent à ces lieux. La Fondation CAB fondée par Hubert Bonnet, connue des Belges pour être née à Bruxelles, offre de son côté une plongée dans l’art contemporain minimaliste, dans une architecture sobre qui laisse toute la place aux œuvres.
Mais le plus beau musée, c’est encore le village lui-même. On y croise les souvenirs de notre compatriote Jean-Michel Folon dans la chapelle qu’il a décorée, on se souvient que Simone Signoret et Yves Montand se sont unis ici, que Jacques Prévert a laissé quelques vers sur les nappes de La Colombe d’Or et que sa maison reste l’une des visites incontournables des lieux. Marc Chagall, certes né en Biélorussie mais naturalisé par la suite français, repose sur la colline, face au soleil, comme pour rappeler que Saint-Paul est plus qu’un décor : c’est une source.
www.lesaintpaul.com
www.saint-pauldevence.com
www.cotedazurfrance.fr
#CotedAzurFrance @visitcotedazur
Belle Plage - Un festival de plaisirs
Belle Plage
Un festival de plaisirs
Mots : Jason Vanherrewegge
Photos : DR
Loin d’être éclipsée par les projecteurs de son festival, Cannes recèle bien d’autres lumières. En pleine saison, la Perle de la Côte d’Azur se dévoile à la fois douce, inattendue et résolument tournée vers l’art de vivre. Le temps d’un séjour, nous avons posé nos valises à l’Hôtel & Spa Belle Plage, écrin lumineux protégé de l’agitation par un espace vert et dont le visage est touché par le reflet de la mer.
C’est un coin de douceur tout au bout du boulevard du Midi au pied du quartier du Suquet, un lieu suspendu entre ciel et mer, où les couleurs pastel réconcilient l’œil avec l’horizon. L’Hôtel & Spa Belle Plage, réinventé par Raphaël Navot, joue la carte du minimalisme méditerranéen : matières claires, lignes courbes, lumière maîtrisée. Chaque chambre, qu’elle soit classique ou pensée en appartement, devient une alcôve apaisante. Ici, tout semble arrondi, presque flottant, comme si l’architecture avait voulu épouser le rythme lent des vagues. La modernité des lieux sympathise avec des objets venus d’ailleurs qui se fondent parfaitement dans le décor. Quelques clins d’œil design ponctuent l’espace, comme des souvenirs discrets d’un voyage dans le Sud idéalisé.
L’hôtel vit aussi au rythme du jour. Du matin au soir, les espaces communs respirent la détente : le lobby ouvert sur un patio empreint de vert, l’enseigne étant engagée dans une démarche de tourisme et de restauration durable, les couloirs baignés de lumière, les salons à la fois élégants et décontractés. Rien n’est figé, tout invite à la flânerie. C’est un lieu de passage que l’on n’a pourtant pas envie de quitter.
Sur le rooftop, doté d’une vue imprenable sur la mer et sur les majestueuses montagnes de l’Estérel, le restaurant Bella offre une parenthèse d’évasion gourmande. Au cœur de ce refuge suspendu, le partage est le maître-mot : entrées à picorer à plusieurs, plats subtilement composés où se mêlent les parfums de la Méditerranée et les produits du marché. La bavette de Wagyu, nappée d’un jus de grenade, s’accompagne d’une ratatouille délicate, presque confite. On dîne face au soleil qui décline, entre murmures salés et rires sucrés. Au lever du jour, le petit-déjeuner regorge des plaisirs de la maison et des environs : viennoiseries croustillantes, fruits juteux et douceurs locales réveillent les sens.
À quelques pas, niché dans une dépendance végétalisée, le spa du Belle Plage prolonge cette sensation d’abandon heureux. Murs de sel, hammam, bain de glace, douche multisensorielle et Watsu, une piscine d’eau chaude aux jets savamment orchestrés. Tout est pensé pour ralentir, pour se retrouver. Les massages se déclinent en rituels, les jus détox sont subtilement préparés pour garantir un séjour vitaminé. Le corps s’étire aussi dans la modeste et classieuse salle de fitness aux équipements gainés de bois clair, ou dans le jardin, lors de séances de yoga ou de cross-training. L’ensemble évoque un art de vivre bienveillant, une forme de luxe discret qui privilégie le bien-être au paraître.
Mais Cannes ne se résume pas à ce cocon, si séduisant soit-il. Elle vibre aussi au-delà de la Croisette. Sur l’île Sainte-Marguerite, le masque de fer, cher à Marcel Pagnol mais aussi rendu célèbre par le mythique film de cape et d’épée avec Leonardo DiCaprio dans le rôle principal, continue de hanter les vieilles pierres de sa prison tandis que le musée murmure des dialogues d’un autre temps avec une collection d’archéologie sous-marine et terrestre. En face, l’île Saint-Honorat se veut plus secrète avec ses moines vignerons qui augmentent un peu plus l’attractivité des Îles de Lérins.
La ville, elle, se découvre autrement lorsqu’on enfourche un vélo. Loin des clichés, on longe le littoral avec des parcours envoûtants au bord de l’eau et on grimpe jusqu’aux hauteurs pour découvrir des panoramas saisissants, où la baie s’étale comme un rêve tranquille. Chaque virage dévoile un autre visage de Cannes : plus sauvage, plus sincère et jamais démuni de charme. Les palmiers se balancent, les façades colorées racontent des histoires muettes et les ruelles respirent un parfum de vacances hors du temps.
À la Malmaison, centre d’art contemporain international audacieux et moderne situé à même la Croisette, Jean-Michel Othoniel signe une exposition à couper le souffle. Poussière d’étoiles réunit 92 œuvres entre verre soufflé, inox poli et feuilles d’or. Le minimalisme sensuel de ses œuvres résonne avec la lumière cannoise, comme si chaque reflet racontait une histoire. Celle d’un éclat sans strass, mais bien réel.
Même le palais des Festivals, trop souvent réduit à son tapis rouge pour le cinéma, ouvre ses portes à d’autres arts. Du théâtre à la danse en passant par la musique, les goûts et les couleurs sont comblés. Une programmation riche, ancrée dans la vie locale, qui prouve que Cannes sait exister autrement, loin des flashs.
Les Bains Gardians - Un éden serein sous le soleil de Camargue
Les Bains Gardians
Un éden serein sous le soleil de Camargue
Mots : Barbara Wesoly
Photos : Matthieu Salvaing
Là où la terre se fait sel et où le bleu de la mer embrasse celui du ciel, les Bains Gardians déploient leur promesse d’évasion. Loin des chemins balisés, le resort camarguais raconte un bonheur au goût de nature sauvage et d’authenticité sublimée.
Le décor a la douce irréalité d’une carte postale, dont les paysages témoignent de la beauté envoûtante d’une nature que l’on n’a pas cherché à dompter. Parmi les herbes hautes, les roseaux et les tamaris, l’on aperçoit des étangs et des sentiers de terre qui serpentent jusqu’à de grands mas et des cottages d’un blanc immaculé au toit en sagne. Des cabanes de gardians dans la plus pure tradition camarguaise, abritant des chambres dont le panorama rime avec vie plutôt qu’avec vue. Sur les terrasses, le soleil inonde de ses reflets les deux piscines bordées de cyprès et de pins parasols, tandis que des lézards se faufilent entre les transats. Il faut dire qu’ici, les voyageurs cohabitent avec les habitants des lieux, hérons et ragondins, flamants roses et poneys. Et surtout de sublimes chevaux Camargue, à la robe opaline. C’est toute la contradiction somptueuse des Bains Gardians que de laisser le monde à distance lointaine tout en s’ancrant aussi fort dans son réel. Authentique, à cœur battant, bercé par le vent et les oiseaux, par la chaleur et la vie foisonnante, rayonnante même.
De la Ville Lumière aux terres de Camargue
Difficile d’imaginer que cet écrin solaire et intime de 67 chambres s’inscrit dans le sillage de l’un des rendez-vous les plus emblématiques, aussi bien artistique que mondain, des nuits parisiennes. Pourtant, avant de concevoir le resort des Saintes-Maries-de-la-Mer, c’est bien à la transformation des Bains Douches que s’est dédiés son propriétaire, Jean-Pierre Marois, il y a une décennie. Puisant l’inspiration dans cette histoire unique, l’ancien producteur de cinéma a ainsi réinventé l’iconique club où se croisaient durant l’âge d’or Prince et Karl Lagerfeld, Jean-Michel Basquiat et les Rolling Stones, en somptueux hôtel 5 étoiles baptisé Les Bains. Et dont il a ensuite insufflé l’essence libre, luxueuse et avant-gardiste à son havre camarguais, dont le nom se fait aussi un hommage aux gardians, les éleveurs de chevaux et taureaux emblématiques de la région. Deux héritages distincts rassemblés sous une même bannière pour créer ce que Jean-Pierre Marois aime à définir comme une forme d’hédonisme éclairé, où la sérénité d’un spa peut croiser avec évidence l’ambiance festive de dj sets qui accompagnent les brunchs dominicaux et les soirées d’été et où l’empreinte typique rencontre avec charme les créations contemporaines d’artistes accueillis sur place en résidence.
Un havre traditionnel à la beauté atypique
Mais loin d’imposer une signature, c’est au contraire un retour aux sources que racontent avant tout les Bains Gardians. Aux sources de l’authenticité et à la genèse du beau. Par un travail d’orfèvre que l’on doit aux architectes d’intérieur Hauvette & Madani, ayant rendu au lieu son âme et son décor traditionnel, avec ses tomettes ocre, sa charpente appa-rente et ses murs enduits à la chaux, qui avaient été effacés par le précédent propriétaire. Une œuvre de patience aussi, ayant demandé dix-huit mois de chinage par une antiquaire d’Arles, pour dénicher les meubles rustiques et imprégnés de l’ambiance provençale, les céramiques locales et les chaises en paille, et y ajouter quelques ponctuations pop des sixties et seventies, notamment grâce à des fauteuils de velours et des imprimés damier.
Plus que tout, y résonne l’amour profond pour ce domaine de quatre hectares, classé site protégé et pour le Parc naturel régional de Camargue qui le borde. Cadre merveilleux de balades à cheval, de randonnées à vélo ou en calèche et de safaris entre la Méditerranée et les marais salants, sous le bleu infini du ciel. Au retour de promenade, après un passage par les écuries et les arènes pour une dernière caresse à leurs pensionnaires, le parfum des plats méditerranéens et généreux et la musique gitane nous entraînent vers le restaurant et son bar, en bord de piscine. Alors que la nuit tombe et que le mistral se lève, le temps semble s’être suspendu, dans un total dépaysement. Où comme la nature environnante, la sérénité ne rencontre aucune limite.
The Standard - La nouvelle sensation hôtelière qui élève Bruxelles vers les sommets
The Standard
La nouvelle sensation hôtelière qui élève Bruxelles vers les sommets
Mots : Barbara Wesoly
Photos : Senne Van der Ven & Eefje De Coninck
Après avoir électrisé Londres, New York ou encore Ibiza, le groupe hôtelier américain The Standard a choisi la capitale belge pour incarner une nouvelle illustration vibrante de son style éclectique. Une escale urbaine dont la vue ensorcelante et le design magnétique parent le paysage bruxellois d’une aura irrésistible.
The Standard, c’est une signature. Celle d’un nom qui s’écrit à l’envers, bien résolu à casser les codes traditionnels de l’hôtellerie pour y insuffler la juste dose d’anticonformisme. Symbole de ce sens de l’hospitalité mais aussi de l’audace, chacune des 13 adresses du groupe possède son identité et sa façon personnelle de renverser toutes les attentes. A Bruxelles, cette toile blanche a pris pour cadre la tour de verre de l’ancien World Trade Center, dans le quartier Nord, dont il ne demeurait que les murs porteurs. Prêts à être transformés en une œuvre d’art et de design rétrofuturiste, par l’architecte belge Bernard Dubois.
Une alchimie des contrastes
En réponse à l’énergie bigarrée de la capitale, l’architecte a imaginé une adresse où se croisent les inspirations et les époques. Fusion de brutalisme et d’art nouveau, références à la pop culture et hommage aux designers belges, forment une fresque d’influences dont naît pourtant une harmonie rare. Et d’autant plus inédite que chaque espace de l’hôtel affirme son propre caractère. Flamboyant comme le cocktail signature Rouge Apéritif que l’on commande au très cosmopolite Lobby Bar aux sculpturales colonnes écarlates, dont les courbes racontent le travail des formes qui domine l’hôtel. Ou ambiance feutrée pour le Double Standard, restaurant du rez-de-chaussée au raffinement rétro où la comfort food à l’américaine côtoie les saveurs belges.
Il est alors temps de prendre de la hauteur, direction les 180 chambres et 20 suites conçues comme de luxueux appartements, dévoilant toutes une vue époustouflante des toits bruxellois. Bois brillant, tapis colorés et jeux d’arrondis y dessinent un espace vivant, architectural, chaleureux et intime à la fois. Enfin, au sommet, nous attend le Lila29, nommé en clin d’œil à l’étage qui l’abrite. Un restaurant aux accents ibériques, doublé d’un bar au rooftop semblant posé à même le ciel et dont la beauté irréelle est encore intensifiée par une palette monochrome ainsi que les voiles délicats et les paliers qui en définissent les contours et cultivent le mystère et l’élégance. A Bruxelles, l’éblouissement est devenu un Standard.
Château de Théoule - Nouvelle perle de la Côte d’Azur
Château de Théoule
Nouvelle perle de la Côte d’Azur
Mots : Olivia Roks
Photos : Château de Théoule
Dominant les eaux azuréennes de Théoule-sur-Mer, face à la baie de Cannes, le Château de Théoule incarne l’alliance parfaite entre histoire, raffinement et art de vivre méditerranéen. Une adresse confidentielle, parfaite pour rayonner sur la Côte d’Azur, ou simplement s’abandonner à la douceur du lieu.
Ancienne savonnerie puis demeure d’un lord écossais, cette bâtisse hors du temps a retrouvé toute sa splendeur après trois années de rénovations méticuleuses. Situé à une dizaine de kilomètres de Cannes, aujourd’hui le Château de Théoule resplendit au calme de l’effervescence des villes voisines. Depuis le printemps 2024, il s’impose comme l’une des plus belles adresses hôtelières de la Riviera. L’été 2025 marque ainsi sa deuxième saison seulement, une jeunesse prometteuse pour cette étoile montante du luxe discret.
Érigé entre mer et roches rouges de l’Estérel, le château se divise en trois lieux de vie. Le Château, cœur battant et historique du site, abrite les suites et les chambres spacieuses, toutes différentes et élégantes, dévoilant une décoration à la fois classique et Art déco. Mobilier chiné, créations sur mesure et inspirations intemporelles se mêlent harmonieusement, créant un cadre à la fois chaleureux et sophistiqué. La Villa, quant à elle, également récemment rénovée avec des matériaux nobles, arbore un style Art déco des années 30 inspiré de la French Riviera et offre une vue sur la piscine extérieure. Ses 21 chambres spacieuses sont toutes équipées d’une terrasse ou d’un balcon donnant sur la mer. Enfin, la Maison des Pêcheurs, plus intime et ouverte sur le port, semble le cocon parfait pour les familles ou les groupes d’amis.
Pour une pause loin de l’agitation, l’expérience se prolonge naturellement au spa joliment nommé Éc(h)o. Il se dévoile comme un sanctuaire de douceur à l’image du reste de la propriété proposant une philosophie du mieux-être. Pensé comme un refuge sensoriel entre pierre naturelle, lumière tamisée et senteurs méditerranéennes, il propose des soins sur mesure, seul ou duo, dans une de ses cabines mais aussi, quand le temps le permet, en extérieur pour une parfaite connexion avec la nature. Les soins sont signés Kos Paris mais également MyBlend, une marque pointue très en vue qui associe les compléments alimentaires, les soins cosmétiques et le meilleur de la « beauty tech ». A chaque marque beauté, sa carte spa ! Et afin de prolonger la détente, le spa met à disposition un superbe jacuzzi, un sauna et un hammam mais également deux bains nordiques extérieurs avec vue sur la mer pour un moment de plénitude totale.
Espaces gourmands
C’est aussi par la gastronomie que le Château impose sa signature. Du mardi au samedi, le restaurant gastronomique de l’hôtel demeure un incontournable. Le Mareluna, étoilé au guide Michelin après seulement quelques mois, est dirigé par le jeune chef italien à la trajectoire fulgurante, Francesco Fezza. Dans un cadre conjuguant Art déco et clins d’œil iodés, sa cuisine, subtilement méditerranéenne, puise dans ses racines italiennes, son parcours auprès d’Alain Ducasse et ses voyages au Japon. Résultat ? Des assiettes précises, vibrantes et profondes, véritables hommages aux produits de saison et savoir-faire locaux. Une expérience culinaire éthique et inspirée. Et quand le Mareluna est fermé, on mange dans les agréables restaurants environnants de Théoule-sur-Mer ou encore au bar de l’hôtel, sur sa belle terrasse face à la mer ou à l’intérieur afin de profiter de sa décoration atypique, autour de quelques snacks raffinés.
Vivre au rythme de la Riviera
Sur la Côte d’Azur, nul écrin d’exception ne saurait se passer de sa plage privée ! Et, comble du raffinement, d’un bar à champagne où chaque coucher de soleil se savoure en bulles. À quelques pas de l’hôtel, la Plage Blanche réinvente l’esprit beach club avec élégance. Une réelle invitation aux retrouvailles gourmandes et ensoleillées. Cette saison, la plage privée est signée Gant (marque de prêt-à-porter américaine). Si on aime lézarder dans les confortables transats face à l’horizon, on ne manquera pas la cuisine de la plage qui a très bonne réputation. La carte de Sébastien Lapluie, aux influences méditerranéennes, asiatiques et libanaises, joue l’équilibre entre gourmandise et légèreté. De midi à la tombée du jour, les hôtes savourent ceviches, poissons grillés ou assiettes végétales dans une ambiance solaire et décontractée. Pour terminer en douceur ? Les fruits givrés maison sont à se damner ! Transats confortables, cocktails originaux et en vogue, service attentionné, horizon infini : tout invite à la détente. Cerise sur le gâteau, depuis le printemps 2025, le château a également inauguré son rooftop Veuve Clicquot, un lieu de prédilection pour siroter une coupe de bulles face au coucher de soleil, dans une ambiance festive et raffinée.
Entre les roches rouges de l’Estérel et le bleu infini de la mer, le Château de Théoule tente de réinventer la Riviera : plus confidentielle, plus authentique, mais toujours aussi envoûtante.


























































