BARBARA ABEL FRAPPE FORT SOUS L’APOCALYPSE, L’INTIME SE RÉVÈLE
Mots : ARIANE DUFOURNY
Photos : MELANIA AVANZATO
Dans « Ici s’arrête le monde », le nouveau thriller coup de poing de Barbara Abel fait basculer un quotidien banal dans l’inconnu. Explosions, black-out, panique collective. Sous la terreur, les blessures intimes se réveillent et un courage ordinaire émerge quand survivre ne suffit plus.
Le roman s’ouvre sur une journée déjà contrariée par des tensions, marquée par des irritations discrètes et des équilibres fragiles. Puis tout dérape : un grondement, l’obscurité totale, les vitres qui vibrent, une explosion. Ce choc brutal suffit à faire voler en éclats le cadre rassurant dans lequel tous vivaient encore quelques minutes plus tôt.
Une famille recomposée et ses voisins se retrouvent soudain entassés dans une cave, devenue en un instant leur unique abri. Dans ce huis clos improvisé naît une mini-société frémissante, avec ses frictions, ses élans, ses murmures. On partage la peur, l’attente, les bribes d’informations. On tente d’imposer un semblant d’ordre alors que le monde extérieur semble se dissoudre. Dans cette proximité forcée, la survie ne se limite plus à tenir : elle devient un engagement envers l’autre.
C’est là que la « reine du thriller » frappe le plus fort : l’apocalypse dehors réveille les fissures dedans. Les vieux conflits remontent, les certitudes craquent, l’entraide hésite. Rien n’est stable : faut-il protéger tout le monde, ou ceux qu’on aime d’abord ? Comment rester lucide alors que chaque minute chancelle ? La terreur recompose les priorités à toute vitesse.
Sans jamais forcer le trait, Barbara Abel scrute les comportements, leurs nuances et leurs contradictions. Pas de héros, pas de monstres : seulement des êtres humains contraints de s’ajuster dans l’urgence. La tension naît autant des explosions que de ce qui se joue entre ces personnes soudain dépendantes les unes des autres.
« Ici s’arrête le monde » dépasse ainsi le simple récit apocalyptique. C’est un roman tendu, nerveux, d’une grande acuité, où l’effondrement extérieur n’est que le déclencheur d’un séisme intérieur : que reste-t-il d’humanité quand tout vacille ?
Ici s’arrête le monde, Barbara Abel, éditions Récamier

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