Blu Samu
Un voyage à travers les genres
Mots : Jason Vanherrewegge
Photo : Eliot Leblanc-Hartmann
Bien loin de se contenter de l’étiquette de rappeuse, qui lui a longtemps collé à la peau, la chanteuse Salomé Dos Santos, plus connue sous le nom de Blu Samu, ne se fixe aucune limite en explorant les genres sur son tout premier album (k)not.
Du punk à la soul en passant évidemment par le rap, votre premier album ressemble à une vraie carte d’identité. Le titre « Yearning » marque lui un tournant puisque vous affirmez que vous n’êtes pas une rappeuse, alors que beaucoup de personnes vous identifiaient comme telle, mais plutôt une poète. Je comprends pourquoi on a besoin d’étiquettes pour identifier les gens. C’est quelque chose d’humain. Mais même ceux qui ne font que de la pop ne sont pas que ça dans leur essence. Être juste une rappeuse, c’est un peu limitant. Bien sûr, il y a un côté de moi qui aime rapper. Et je pense que je rapperai toujours parce que j’aime beaucoup la poésie et le rythme. Mais j’ai surtout envie que les gens, quand ils entendent le nom Blu Samu, ne sachent pas à quoi s’attendre et qu’ils se disent que c’est avant tout un voyage. Aujourd’hui, c’est du punk. Demain, c’est de la drum’n’bass. Et peut-être qu’un jour, je sortirai une guitare pour faire un guitare-voix. J’ai surtout envie d’être libre et de m’exprimer.
Votre rapport au rap est tout de même important puisque vous avez été accueillie par le groupe Le 77, emmené notamment par Peet, à Bruxelles quand vous étiez au plus bas en étant plus jeune. Ils ont cru en moi. Je suis passée de quelqu’un qui devait chercher des producteurs à quelqu’un qui habitait avec deux producteurs incroyablement doués qui me ramenaient partout avec eux. Je pense, par exemple, que ma présence en France serait inexistante aujourd’hui si Le 77 n’avait pas existé. Je leur dois beaucoup.
Vos origines portugaises sont également présentes sur l’album avec, notamment, le titre « Move ». C’est important pour vous de rendre hommage à vos racines ? Si c’était si important, il y aurait du créole capverdien dedans aussi. Malheureusement, je n’ai pas encore la même aisance au niveau de la grammaire que j’en ai avec le portugais. Je suis connue pour apprendre une langue en trois mois si j’en ai envie donc on ne sait pas ce que l’avenir nous réserve ! Par ailleurs, je n’arrive pas à dire que c’est important parce que tout est tellement intuitif dans ma musique avec des chansons qui sont liées à mon parcours. Je représente surtout mes origines en étant moi-même.
Instagram : blusamu

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