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Suarez

« On s’est enlevé toutes les barrières »

Mots : Jason Vanherrewegge
Photo : Suarez

Six ans après son dernier album, Suarez revient avec un sixième opus intitulé « D’Amour et d’Aléas ». Fort de l’écriture sensible et de l’énergie solaire qui coulent dans ses veines, le groupe montois de pop rock entame un nouveau chapitre de son histoire où l’insouciance et le calcul laissent place au plaisir de faire de la musique. Rencontre avec le leader Marc Pinilla.

On ressent une grande libération en écoutant votre nouvel album. Est-ce le fait de bientôt atteindre les vingt ans de carrière qui vous a amené à explorer de nouveaux horizons ? Ça pique quand on dit vingt ans (rires). Mais c’est rare de voir des gens fonctionner ensemble pendant autant de temps. S’il y a quelque chose dont je suis fier, ce ne sont pas les disques d’or. Ce ne sont pas les salles remplies. C’est plutôt d’avoir maintenu une équipe soudée comme celle-là. En ce qui concerne cette liberté, il y a plusieurs explications à ça. Le fait déjà d’avoir cinq albums derrière nous, il y a une volonté de ne pas redire ce qu’on a dit. Nous devions aller explorer ailleurs. Il fallait tenter des choses qu’on n’a jamais faites, essayer des sons qu’on n’a jamais faits, essayer une manière de chanter qu’on n’a jamais faite et travailler avec des personnes avec qui on n’a jamais travaillé. On s’est enlevé toutes les barrières. C’est aussi pour ça que je me suis aventuré en solo avec Sennen Bay. Ça a aidé énormément. Ça a été vraiment le déclencheur.

Ce projet en solo, où vous chantez en anglais sur de la britpop, n’a donc jamais été une volonté de mettre fin à une première aventure ? J’avais une volonté d’expérimenter quelque chose tout seul qui n’était pas en lien avec Suarez. On est une famille. On a une histoire commune qui est quand même très longue. Et tout ça, tu ne peux pas le rayer d’une vie. Par ailleurs, nous sommes des musiciens. Nous sommes des auteurs-compositeurs. On sait faire des chansons et on sait les faire aussi autrement. Allons voir ailleurs ce qui se passe. J’ai su le faire avec Sennen Bay. Pourquoi Suarez ne pourrait pas se renouveler ? Pourquoi Suarez ne pourrait pas explorer d’autres types de sonorités, d’autres types de manières de fonctionner et d’écrire des chansons ? Sennen Bay était vraiment un gros boost après cette grosse phase de doute où on se demandait : « Comment faire maintenant pour faire un album ? ». Surtout un album qui nous fasse plaisir à nous aussi, en premier lieu. 

Trois ans de travail ont été nécessaires pour réaliser cet album. La cohérence émotionnelle était à ce prix ? La cohérence dans le propos, oui. Dans la musicalité, on est parti un peu dans tous les sens en ayant quand même une couleur qui est celle de Suarez.

L’amour occupe une place importante dans votre opus. Il se veut ici avant tout complexe. « D’Amour et d’Aléas », c’est un amour qui a subi les épreuves de la vie. Les chansons racontent l’amour qui dure. Ce n’est pas un amour facile. C’est un amour qui est semé d’embûches et semé d’aléas. Et il n’est pas moins beau. Il est juste différent, il a une autre saveur. Personnellement, j’avais envie de raconter globalement ces histoires-là. Ces histoires plus compliquées qui sont moins évidentes et qui sont moins passionnées mais qui sont tout aussi passionnantes.

Vous n’avez rien voulu laisser au hasard en vous entourant de nombreux paroliers (Vincha, Barcella, Aucklane…). Parmi eux se cache un des nouveaux phénomènes de la pop, TeddyBear, qui était auparavant votre batteur et qui a écrit le titre « Sequoia ». Avec Jules (Scinta, le vrai nom de l’interprète de « Chaussures roses », NdlR), on habite dans le même village. Je le connais depuis qu’il a six ans. Son père, c’est mon meilleur ami. C’est une histoire de famille et c’était très naturel. Cette chanson, on l’a écrite avant même que naisse TeddyBear. Jules, je l’ai accompagné à ses débuts quand il a commencé à écrire des chansons. Je lui ai dit : « Viens à la maison, on va essayer d’écrire des chansons pour Suarez ». J’ai vu qu’il commençait à griffonner et ensuite est né « Sequoia ». Cette chanson est restée dans un tiroir très longtemps finalement. Et puis TeddyBear est né et a explosé. Cette chanson a fini dans cet album parce que je l’adore. Mais de manière générale, avec tous les paroliers, on a des points communs. On a tous une forme de sensibilité similaire en fait par rapport à l’amour, par rapport à la complexité de la vie.

Vous serez à Mons, Seraing et Woluwe-Saint-Pierre en novembre prochain. Le public peut également s’attendre à du changement ? On va jouer tout l’album parce que c’est un album qui nous plaît vraiment et qu’on a envie de jouer. Ce sera vingt minutes en plus, mais on le jouera en entier. Et ça, c’est une grande première. Par le passé, on sortait un nouvel album et on évitait de tout jouer parce qu’on a tellement de chansons qui sont passées à la radio et les gens attendent tellement les inévitables comme « Au bord du gouffre » ou « L’indécideur ». Mais on va les jouer. Vous pouvez rassurer vos lecteurs ! 

www.suarezlegroupe.be

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