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« The Last Overland » Le périple 4X4 d’une jeune aventurière tricolore

Un des événements majeurs de cette année automobile, c’est l’arrivée en Belgique, après une longue attente, du nouveau Defender. Pour célébrer cette naissance mondiale, Land Rover a permis à huit aventuriers de rallier Londres depuis Singapour avec un très vieux Def’. L’un d’entre eux est une Belge, et fière de l’être. Thérèse-Marie Becker raconte ce périple de 18 000 kilomètres !


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Lenoir : du sur mesure pour Tesla

Lorsque qu’on est passionné par l’automobile, un poil anti-conformiste, féru de nouveautés et de créativité, l’on peut transcender l’existant. Prenez une Tesla, elle deviendra une Lenoir exclusive après être passée chez Cléo Goethals et Simon Quintens.

Installé à Hasselt, le show-room Lenoir est le fruit du travail de ce couple à la vie comme à la ville. Après avoir bâti deux maisons et une famille nombreuse, Cléo Goethals et Simon Quintens ont relevé un nouveau défi : restyliser des voitures. Elle s’occupe de la gérance et lui est plus dans l’atelier.

« Notre objectif est d’améliorer les détails et de rendre le style d’une voiture plus luxueux », explique Simon. Deux marques attirent particulièrement l’attention chez Lenoir : les Jeep deviennent subtilement chic entre leurs mains. Mais ce sont les Tesla qui ont retenu mon attention. Impossible de passer à côté de l’innovation électrique Tesla quand on s’appelle Lenoir puisque ce nom tire son origine de celui d’Etienne Lenoir, ingénieur de Virton qui a inventé le premier moteur à combustion commercial et la première voiture du monde ! C’était en… 1858 ! Cocorico.

Le Graal : la finition

« Les Tesla sont des voitures américaines super efficaces mais nous avons trouvé qu’il fallait en améliorer la finition, les détails pour qu’elles deviennent plus classes », explique Cloé. Il faut dire que Tesla ne propose pas beaucoup de choix de couleurs ou de matières à ses clients, leurs intérieurs sont souvent noirs ou blancs. Du pain béni pour ces adeptes du custom sobre et chic. « Nous offrons du sur mesure à nos clients. Ce que nous voulons proposer, ce sont des packages qui forment un tout cohérent, » nous démontre Simon avant de détailler : « à partir d’échantillons, d’exemples à toucher, nous réhabillons une voiture. Nous cherchons les éléments qui peuvent matcher. Nous avons par exemple un beau package avec une peinture extérieure British green de grande qualité, associée à quelques touches en carbone. » Les poignées de portes et autres éléments aérodynamiques sont alors mis discrètement en valeur. De plus bel effet aussi, le tableau de bord se couvre d’Alcantara foncé, là où la finition d’origine US a plus tendance à se refléter dans le pare-brise.

Toutes numérotées et badgées, les Lenoir se distinguent par leur élégance racée et leur sobre raffinement. Des objets rares, made in Belgium.

Tour de roues

Conduire une Tesla, c’est entrer dans un autre monde, un autre mode de mobilité. Les Tesla sont électriques et surfent sur la vague du succès alors que les grands constructeurs cherchent à les détrôner.

A peine la porte ouverte, le spectacle est total. Pas de boutons, pas de commandes, juste un volant et un énorme écran central qui commande tout : de la clim à la musique, de la téléphonie à internet et aux différents réglages dynamiques de la voiture. Il paraît que la fusée SpaceX du patron de Tesla, Elon Musk, lancée dernièrement, fonctionne aussi uniquement à partir d’écrans.

Le meilleur reste à venir. Dans un silence électrique presque inquiétant, la Tesla prend la route. Et de quelle manière. La Model 3, « la petite » Tesla, roule déjà comme une grande sportive pour arriver à 261 km/h maximum !

Mais c’est la Model X, le SUV 7 places de la marque qui nous a le plus bluffé. L’ouverture des portes arrière en élytres a été pensée par la patron pour pouvoir installer ses enfants sans difficulté à l’arrière. Et quelle gueule ça donne à cette grande voiture.

En plus, avec tous ses occupants à bord, les sensations sont extraordinaires, l’accélération sidérante. Digne des meilleures sportives. On parle de 2,8 secondes pour atteindre la vitesse de 100 km/h. Stratosphérique.

Et, ce qui ne gâche rien, avec avec l’expérience acquise par la marque, l’autonomie grimpe allègrement au-dessus de 400 kilomètres alors qu’une charge de 15 minutes sur une borne « Tesla » permet de rouler 175 kilomètres de plus. De quoi en rassurer plus d’un.


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Stoffel Vandoorne, une vie à grande vitesse

Rencontrer Stoffel Vandoorne, c’est un peu comme baisser la visière de son casque de pilote. Hyper concentré sur sa carrière automobile, notre champion respire la course toute l’année, H24. Il vient d’ailleurs de remporter sa première course en Formula E, le Championnat du monde des voitures électriques, avec Mercedes et est devenu vice-champion de cette discipline prometteuse. Tout en étant engagé en Formule Un.

Stoffel, finalement, la saison se termine bien pour vous, quel bilan en tirez-vous ?

« Ah, oui, c’est une bonne saison. Je suis super content pour l’équipe Mercedes dont c’était la première participation en Formula E. A Berlin, j’ai terminé premier de la dernière course, je suis deuxième au championnat pilote. C’est chouette parce qu’on a toujours été dans le coup. »

De bon augure pour l’année prochaine, en vue du titre ?

« On a eu assez vite une bonne base de voiture, depuis le podium en Arabie Saoudite, je dirais. On a beaucoup de confiance, avec toute l’équipe. On a encore pas mal de boulot, des réglages, etc, mais j’ai un bon feeling pour l’année prochaine. »

On vous le souhaite ! En parallèle, vous êtes aussi pilote de réserve de trois écuries de Formule 1, vous volez d’un calendrier à l’autre…

« Ca fait beaucoup de voyages pour moi. En F1, je fais tout comme les pilotes. Les briefing avant, après… Mais je ne pilote pas, c’est dur, ce n’est pas drôle de ne pas rouler, mais c’est le boulot. Je dois être là. »

Au cas où quelque chose arrive à un autre pilote, à cause du Covid par exemple ?

« Oui. Je ne le souhaite à personne mais je suis prêt à remplacer. En F1, tout le monde est testé Covid tout le temps mais cela peut quand même arriver, comme avec Sergio Perez (NDLR : pilote testé positif et en quarantaine pendant deux Grands Prix en juillet dernier). »

Ça vous éloigne beaucoup de la Belgique tout ça, vous y revenez parfois ?

« Pas souvent non, j’y étais pour le dernier Grand Prix de Spa-Francorchamps. J’essaye toujours de rester quelques jours de plus. Sinon, dans la saison, c’est compliqué. Je reviens chez mes parents, à Roulers, autour des fêtes de fin d’année. J’y vois les copains, j’aime bien ce coin de Belgique, on n’est pas très loin de la mer. »

Chez Be Perfect, on apprécie ceux et celles qui sont des légendes belges. Quels sont les sportifs que vous admirez chez nous ?

« Je n’ai pas d’idoles ! J’apprécie Kevin De Bruyne que je suis à la télé. Et je m’entends bien avec Tom Boonen, le cyclisme m’intéresse… »

Bon tour du monde Stoffel et rendez-vous dans un an, pour fêter le titre de champion en Formula E. Croisons les doigts.

 

L’EQC, une Formula E pour la route

La Mercedes EQC, c’est le SUV tout électrique de Mercedes. Assez proche esthétiquement de son frère à moteur thermique GLC, l’EQC en partage d’ailleurs la plateforme. Par contre, ses deux moteurs électriques produisent jusque 408 chevaux. Cette puissance peut arriver instantanément pour fournir une accélération qui laissera les occupants pantois, surtout s’ils n’ont pas encore siégé dans un véhicule électrique.

A l’intérieur, on retrouve les codes de la marque à l’étoile, les grands écrans et l’environnement bien fini, le tout avec une élégance de bon ton. On est bien à bord d’une voiture premium.

Reste « la » question immuable de l’électrique, l’autonomie !

Fluctuante en fonction du style de conduite, elle varie de 350 à 410 kilomètres. Mais à part une borne de charge rapide, l’EQC récupère aussi son énergie au freinage. En mode « D Auto », cette récup’ est même calquée sur les conditions de circulation. On peut donc rouler uniquement avec la pédale de droite. Une fois relâchée, pas besoin de freiner, c’est la voiture qui régénère toute seule l’énergie en ralentissant.

Un vrai condensé technologique de Formula E cette Mercedes EQC.


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Autoworld : 70 ans de Porsche 356

En Belgique, on aime les voitures. Et ce n’est pas nouveau. L’un des modèles emblématiques absolu de la passion automobile, c’est la Porsche 356. Pour célébrer ses 70 ans, Autoworld lui consacre une expo à ne pas rater durant été.

Créée en 1950 à Gmünd en Autriche par Ferry Porsche, le deuxième fils du Professeur Ferdinand Porsche, la 356 est la Porsche. Rien que ça !

Cette petite voiture de sport légère, avec son moteur Boxer à quatre cylindres à plat, refroidi par air, a connu une évolution rapide, notamment grâce à de nombreux succès sportifs sur les grands circuits et sur le marché américain.

Les premières ont été fabriquées en 1948 et 49 dans une ancienne scierie reconvertie mais c’est bien en 1950 que la production en plus grande série commence à Stuttgart. Pour la carrosserie, Porsche fait appel jusqu’en 1963 à plusieurs sous-traitants dont un belge. Et non des moindres puisqu’il s’agit de la maison D’Ieteren.

Déjà importateur officiel de Porsche depuis le début en 1950, D’Ieteren se voit convier l’assemblage de 724 exemplaires de la 356 B Roadster en 1960 et 61. Beaucoup d’entre elles ont été expédiées aux USA. Très, très appréciées des collectionneurs grâce à leur qualité de fabrication irréprochable, 300 d’entre elles roulent encore aujourd’hui. Comme aujourd’hui, l’usine de Forest tendait vers l’excellence.

Légère et de plus en plus puissante

Si, au départ, les 356 développe seulement 40 chevaux pour un poids plume de  680 kilos, leur puissance augmente progressivement pour arriver à 75 chevaux dans la 356 1600 S. Mieux encore, les versions sportives poussent les performances. La Porsche 356 1600 GS Carrera GT de 1959 lâche 115 chevaux et même 130 chevaux en 1964. On parle alors d’une vitesse maxi de 200 km/h.

Très originale aussi, dotée d’un corps aérodynamique en aluminium, la 356 « Carrera Abarth » a été construite par Carlo Abarth à Turin, à la demande de Ferry Porsche. Bien avant qu’Abarth ne se rapporche de Fiat.

Rapide et agile, la Porsche 356 était prisée par la police. La 356 T6 Polizei présentée à Autoworld est l’une des six Porsche 356 d’origine de la police autoroutière allemande. Elles ont été sélectionnées pour leur maniabilité, leurs accélérations et leur vitesse de pointe élevée. Les voitures étaient équipées d’un moteur « Polizei » spécial et d’une boîte de vitesses à transmission modifiée qui permettait d’atteindre des vitesses plus élevées que la plupart des voitures de l’époque.  Elles étaient équipées d’un feu clignotant bleu, d’un panneau stop, d’un système de transmission et d’un haut-parleur permettant d’intimer au contrevenant de s’arrêter. Il ne reste que 3 exemplaires en cet état de cette version, dont une à Autoworld évidemment !

Durant cette expo Porsche 356, le public pourra admirer de nombreuses versions de la 356, les différentes versions pré-A, A, B, C, sous leurs déclinaison Speedster, Cabrio et Coupé, mais aussi la Denzel, la Zagato, la Hardtop Karmann, la D’Ieteren Roadster, la Carrera GT, la Carrera Abarth. 

Chaque jour, l’une d’entre elle sera mise en valeur devant le musée.


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Tendre vers la perfection, l’idéal de Brice Hennebert

La Belgique regorge de talents. Brice Hennebert, qui dessine et fabrique des motos exceptionnelles, en est une preuve de plus. Reconnu dans le monde entier, il vit et travaille dans le Brabant wallon, entre Beauvechain et Bierges. Rencontre avec ce touche-à-tout de génie.

MOTS : YVES MERENS
PHOTOS : INDIAN MOTOCYCLE

C’est à Bierges, dans son atelier baptisé « Workhorse Speed Shop » que Brice Hennebert m’a reçu. Barbe bien taillée, à l’aise dans son look hipster au travail, l’homme de 35 ans est souriant et concentré : « Je suis désolé, je n’ai pas grand chose à montrer pour l’instant, je suis au début d’un nouveau projet, là ». En effet, on reconnaît vaguement l’avant d’une moto arrimé à un établi. Il faut poser son regard sur les croquis juste en-dessous pour comprendre les formes définitives de l’engin. Brice lève un coin du voile virtuel : « en fait, j’ai ce projet dans ma tête depuis longtemps. J’ai trouvé le client pour le réaliser. Il veut une moto complètement noire, il y aura juste le pot d’échappement en titane, quand même ! »

Et après 700 heures de travail, l’œuvre mécanique pourra rouler… ou pas ! « Je fais des machines pour gagner des compétitions très spécifiques mais je sais que certaines ne rouleront jamais et seront placées, pourquoi pas, dans un living à Saint-Tropez. Ce n’est pas grave du tout. Ce qui compte, c’est que je réalise pour les autres ce que je ne peux pas m’offrir. »

brice-hennebert

Virus familial et compil d’expériences

Il faut dire que la passion moto n’est pas neuve chez les Hennebert. « Mon père fabriquait des Café Racers (NDLR : motos custom au style rétro). Il y a toujours eu entre 7 et 10 motos chez nous, roulantes ou démontées. »

Pourtant, Brice n’a pas fait que ça dans la vie. Il a étudié l’industrie graphique et la pub. « J’ai quitté la moto quelques années, j’ai notamment été tatoueur. » Et après avoir lancé sa marque de vêtements de hockey, « dans une autre vie », comme il dit, il a appris à souder plus facilement grâce au tatouage. « C’est le même type de travail. On a un outil en main, on est très proche de la matière, la peau comme l’acier. Il faut se concentrer, être précis, respirer calmement, avoir la même vitesse d’exécution. »

C’est cet ensemble d’expériences qui lui permet aujourd’hui de vivre de cette passion, de tendre vers la perfection. « Pour chaque détail, chaque pièce, je réfléchis, je dessine à la palette graphique, je moule, je sculpte minutieusement. »

Et comme il déteste la routine, l’ennui n’est pas dans son vocabulaire. « Je cherche mes limites techniques. J’ai appris à maitriser l’aluminium, maintenant, je me suis mis au carbone. J’ai beaucoup de projets finis dans la tête. Il n’y a plus qu’à trouver des gens qui acceptent mes délires. »

brice-hennebert

« Des compét de ouf ! »

Les motos de Brice Hennebert ont vocation à gagner des courses très spéciales.

Ces événements dinguos sont basés sur des records de vitesse et d’accélération.

Le dernier en date a emmené Brice et son incroyable Appaloosa sur le lac Baïkal pour enfiler des miles surgelés !

Cette moto au design si particulier, Brice l’a fabriquée sur la base d’une Indian Scout Bobber 1200. Elle a participé aux courses du kilomètre lancé sur glace dans cette Russie à -30 degrés ! Avec ces pneus cloutés spéciaux, elle a été préparée pour rouler au protoxyde d’azote, histoire d’augmenter encore sa puissance.

Elle prendra bientôt sa retraite et finira au musée de la marque, Indian, à Minéapolis, USA. Pour la plus grand fierté de Brice Hennebert.

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Abarth et Thierry Boutsen, une rencontre évidente

A l’occasion du 70e anniversaire de Abarth, Be Perfect est allé à la rencontre d’un pilote qui fait partie de l’histoire du sport automobile belge. Thierry Boutsen a quitté la compétition il y a plus de vingt ans mais reste très attaché à tout ce qui roule. Ce qui le fait souvent revenir en Belgique.

MOTS : YVES MERENS
PHOTOS : DORIAN LOHSE – K-PTURE

Celui qui a été pilote automobile pendant 23 ans aime dire que la meilleure course, c’est celle qu’on gagne. « J’ai commencé à rouler à 18 ans. Grâce à ma première victoire, j’ai su exactement le niveau que j’avais, ce que je valais par rapport aux autres pilotes en piste. » Cette précocité lui a permis de transmettre son talent autour de lui: « J’ai appris à ma mère à conduire une voiture à Bruxelles. C’était à bord d’une Fiat 500. » 

C’est surtout en Formule Un, après avoir gravi tous les échelons du sport auto, que Thierry marque les esprits puisqu’il a remporté trois Grand-Prix, devant Ayrton Senna, notamment. Sous une pluie battante, au Canada en 1989, sa Renault Williams V12 a même fait une toupille avant de passr la ligne en tête. « Ce 360 degrès m’a fait perdre 2,5 secondes sur ce tour, mais j’ai gagné. Et j’ai toujours cette voiture. Elle était sous une bâche, et je l’ai fait suspendre au mur dans mon bureau ! »

Car la compétition automobile comme pilote, c’est bien fini même si sa sœur gère l’écurie de course qui porte son nom depuis le Brabant wallon. Installé en famille à Monaco, Thierry Boutsen a, quant à lui, monté une société de vente d’avions d’affaires qui marche bien. « J’aime bien aussi les classic cars. Je m’occupe pendant 20% de mon temps de ventes de voitures de collection. Ce qui m’amène d’ailleurs souvent en Belgique. J’y vais le plus souvent possible. C’est aussi en Belgique que j’ai appris à piloter un avion. Je connais toutes les pistes belges. »

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Thierry Boutsen pour le plaisir d’Abarth

Au quotidien, Thierry Boutsen roule souvent en Fiat 500. « J’en ai une très rare. Elle est d’août 1957, alors que sa production a commencé en juillet et que des modifications y ont été apportées trois mois plus tard. Il n’y en a plus que deux dans le monde comme la mienne, issue de cette courte période de production. J’en ai aussi une de 1972 avec laquelle je roule presque tous les jours. C’est tellement facile à garer. »

Du coup, il a craqué pour la dernière en date, l’Abarth 695 70° Anniversario. Elle est équipée du moteur le plus puissant de la gamme, un 1,4 litre turbo qui délivre une puissance de 180 chevaux pour donner une vitesse de pointe de 225 km/h. « J’ai acheté cette édition spéciale du 70ème Anniversaire de la marque, car elle utilise la même couleur extérieure que celle de 1957 que j’ai. J’aime bien cette voiture, elle est très agile, puissante, nerveuse et, en plus, elle freine très bien. Ca, c’est important. » Les puristes apprécieront en effet le système de freinage Brembo équipés d’étriers à quatre pistons en aluminium et des disques de 305 mm à l’avant, 240 mm à l’arrière, tous auto-ventilés comme sur les voitures de course.

Ajoutons à cela un aileron réglable à souhait dont l’angle maximal de 60° permet au becquet d’augmenter la charge aérodynamique jusqu’à 42 kg à une vitesse de 200 km/h. Ce réglage offre à cette bombinette collector une meilleure dynamique et une stabilité accrue à vitesse élevée. Sur circuit évidemment.


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Road-trip au Portugal en F-Type avec Jean-Baptiste Fabbricatore

Jean-Baptiste Fabbricatore, influenceur belge raffiné et amateur de belles carrosseries, a parcouru le Portugal au volant d’un des plus beaux coupés du moment, la Jaguar F-Type, quasiment restylée ! Un « perfect » road-trip sur les routes les plus spectaculaires reliant Porto à Lisbonne.

MOTS : YVES MERENS
RECIT : JEAN-BAPTISTE FABBRICATORE

 

C’est à travers les vignobles du Douro que débute ce road-trip. Le parc naturel da Serra da Estrela, la plus ancienne et la plus grande zone protégée du Portugal, est splendide. En son centre, s’élevant au-dessus d’un plateau sauvage parsemé de rochers, se trouve le plus haut sommet du Portugal continental, le Torre, culminant à 1.993 mètres.

Jean-Baptiste Fabbricatore apprécie : « pour moi, ce road-trip est l’un des plus beaux que j’ai fait. J’ai eu chaud parce que les routes sont magnifiques et que les émotions procurées par cette nouvelle version de la F-Type donnaient du pur plaisir. » Il faut dire que la N222 est considérée comme une des routes les plus extraordinaires au monde. Les épingles et les vues imprenables s’enchaînent sans cesse.

A l’étape, le soir, le calme est revenu après l’énergique journée de roulage. Heureusement, la région si accueillante sait y faire pour se décontracter, elle qui engendre le fameux Porto ».

Le deuxième jour, l’aube invite à prendre la direction du sud-ouest par la route N238, l’une des plus difficiles du pays en raison de son ascension sinueuse. Arrivé en haut, au milieu du Portugal, en son « Centro Geodésico », Jean-Baptiste a admiré la vue panoramique à 360 degrés, perché sur son point de vue à 600 mètres d’altitude. Par temps clair, on aperçoit même la chaîne de montagnes Serra da Estrela, à plus de 100 kilomètres de là. La F-Type, sportive deux places racée, est divine en ces lieux virevoltants. « Elle offre un équilibre parfait entre performances et conduite gratifiante. Je suis impressionné par l’agilité de ce bolide, » s’émerveille notre pilote amateur.

Design noble et vélocité accrue

Cette Jaguar aligne son nouveau design, notamment grâce à sa signature lumineuse pixellisée LED avec ses feux de jour « Calligraphy ». Plus pure, plus sculptée et plus affirmée, la F-Type met en valeur des matériaux nobles, un savoir-faire rigoureux et des détails somptueux pour définir un habitacle plus axé vers le conducteur.

L’élégant Jean-Baptiste renchérit : « j’ai aussi été très séduit par ses sièges en cuir Windsor à 12 réglages avec coutures monogramme du plus bel effet. »

Sous le capot, le moteur V8 de 5000 cm3 suralimenté et ses 575 chevaux permet des accélérations de 0-100 Km/h en 3,5 secondes avec une transmission « Quicshift » intégrale pour des passages de rapports encore plus rapides et précis. Cette mise au point a été réalisée sur base des enseignements tirés par Jaguar du développement de la fameuse XE SV Project 8 200 KM/H.

« Les passages de rapport sont rapides et précis, notamment via le changement de vitesses grâce aux palettes au volant. Le ressenti est excellent à la montée comme à la descente », commente Jean-Baptiste.

Les claquements font crépiter le son distinctif en surrégime, caractéristiques de la F-Type. Pourtant, les moteurs quatre, six et huit cylindres sont devenus plus silencieux dans cette version restylée.

Les incontournables haltes de ce minitrip

– Boutique Hôtel & Spa Convento do Seixo à Fundão.

Rénové à partir des ruines d’un monastère du XVIe siècle en utilisant des blocs de pierre et de granit anciens pour ses murs, l’hôtel est entouré par la magnifique chaîne de montagnes de Gardunha, avec vue sur le nord de la Serra da Estrela. www.conventodoseixo.com

– Vila Galé

S’étendant sur le domaine Val Moreira vieux de plusieurs siècles, les vignobles de Vila Galé Douro est parfait pour se restaurer en profitant d’une vue imprenable sur le Douro. www.vilagale.com

La Jaguar F-Type est disponible chez Jaguar Wavre, chaussée de Namur 242.

Tel : 010/45 05 65

 


Thierry Neuville, Le WRC dans la PEAU

Thierry Neuville est dans une autre dimension. Pilote depuis 8 ans en WRC, la crème de la crème de rallye, il en est devenu un cador. Le meilleur Belge dans cette catégorie. Son monde, c’est le rallye. Il vit, mange et dort « WRC » avec un objectif ultime : devenir champion du monde. Etle moins que l’on puisse écrire, c’est qu’il est en bonne voie. A 31 ans et déjà cinq fois vice-champion du monde, l’homme aux lunettes orange qui s’était fait remarquer en 2012 en IRC (la division inférieure)au volant d’une 207 de Peugeot Belgique-Luxembourg, marque à coup sûr l’histoire du sport automobile belge.

MOTS : YVES MERENS
PHOTOS : WRC

Thierry, Hyundai est champion des constructeurs 2019 et vous finissez sur la deuxième marche du podium, quel bilan tirez-vous de votre saison ?

« Nous avons connus deux rallyes difficiles cette saison, en Turquie et au Chili, ce qui nous a empêché de prendre plus de points. On a été un peu déçu mais on ne panique pas. Nous avons marqué plus de points qu’en 2018. On progresse toujours. Le titre pilote reste mon objectif. »

Vous avez commencé le rallye assez tard ?

« On pourrait le croire, mais j’étais déjà pilote d’usine à 22 ans ! Ca a toujours été mon souhait de faire du rallye. Dès l’âge de 4 ans, on allait voir les rallyes comme celui de Spa en famille. »

Votre carrière est bien étoffée, quel est votre meilleur souvenir en course ?

« Il y a eu beaucoup de chouettes moments… Mais la première victoire en WRC au Rallye d’Allemagne, en 2014, a été une étape importante. C’était aussi la première fois que Hyundai remportait un rallye. »

Est-ce vrai que vous avez roulé « à la bière » au rallye du Mexique ?

« Ah, oui, oui. En fait, le rallye était terminé mais il fallait encore parcourir 60 kilomètres de route. Et il y avait une fuite dans le radiateur d’eau. Pour arriver au bout, on a ajouté le contenu d’une grande bouteille de bière qu’on avait reçue d’un sponsor à l’arrivée. Et ça a marché. »

Ce n’était pas de la bière belge que vous appréciez pourtant…

« J’aime bien la bière mais avec modération. J’ai fait énormément de sacrifices pour faire du rallye. Mes copains faisaient des excès mais moi pas. Je voulais absolument faire du rallye. »

Vous êtes donc WRC à 100%, tout le temps ?

« C’est vrai. Je suis « rallye » du matin au soir. Mais aujourd’hui, je suis serein par rapport à mes capacités. Je suis pilote titulaire. Je sais ce dont je suis capable. J’ai aussi appris à faire un break de temps en temps. J’ai une famille. Avec les années et l’expérience, j’ai appris à prendre du recul. J’essaye de revenir en Belgique une fois par mois, pour voire ma famille et mon frère. »

Vous avez une belle série de voitures de course en Belgique d’ailleurs ?

« Je garde toutes les voitures avec lesquelles j’ai roulé. La collection est presque complète, j’en ai huit ou neuf dans un entrepôt de mon père. »

A Saint-Vith ? C’est votre coin préféré de Belgique ?

« Oui, j’ai la chance d’être originaire des Cantons de l’Est. C’est l’endroit qui me manque le plus. Les forêts, la nature, et en même temps une région où il y a beau- coup de petites entreprises dynamiques, très proches de plusieurs autres pays. Il y a aussi un bon niveau de vie là-bas. En plus, les gens adorent le sport auto. Je suis fier d’être Belge et germanophone. »

La monture de Thierry Neuville

La Hyundai i20 Coupé WRC

• 1190 kilos, 1350 avec le pilote et son copilote
• Moteur de 1600 cm3
• 380 chevaux, 120 pour la version routière de Monsieur tout le monde
• 0 à 100 km/h en moins de 4 secondes • Quatre roues motrices
• Boîte 6 vitesses

Que faites-vous lorsque vous revenez dans votre région ?

« Je suis très « motorisé » en fait. J’adore rouler avec des copains sur circuit, ou en quad, puis aller au restau. »

Vous dites souvent que vous avez peu de temps libres et on l’imagine aisément pour un compétiteur comme vous. Mais vous avez quand même développé votre passion pour l’hélicoptère ?

« J’adore. Je pilote depuis 2016. Etre aux commandes d’un hélicoptère demande de faire plusieurs tâches à la fois, c’est excellent pour la concentration. C’est complémentaire au rallye. »

Comment gérez-vous la notion de danger ?

« En compétition, le danger est là. Il faut le respecter et être tout le temps dans le contrôle. Il ne faut jamais essayer de dépasser la notion de danger. Mais, attention, la sécurité est très importante aussi dans les courses. Je peux vous dire que quand on est dans la voiture, et qu’on met le casque, on se donne à fond. »

On sait qu’en rallye, l’entente entre pilote et copilote est essentielle à la victoire. Votre copilote, Nicolas Gilsoul, est Belge lui-aussi, ça marche bien entre vous ?

« Très bien oui. Nous avons une relation de travail. Copilote, c’est son boulot. Pilote, c’est le mien. Nous sommes tous les deux professionnels et très perfectionnistes. Evidemment, certains problèmes peuvent arriver. Alors, nous en discutons pour les régler et pouvoir continuer à avancer. »

Dans ce numéro de Be Perfect, Jacky Ickx nous a livré son admiration à votre égard. Il vous a même envoyé des messages pendant le dernier rallye. Ça vous a aidé ?

« C’est un énorme champion. Il est connu dans le monde entier. Il a un terrible palmarès et avec Eddy (NDLR : Merckx), ce sont deux grandes stars du sport belge. Jacky, c’est un homme élégant qui a une belle image. Il a toujours énormément respecté les gens et les équipes en course. C’est un modèle. Ça me fait très plaisir qu’il me soutienne ».

Avec tout ca, l’année 2020 devrait être l’année Neuville. On croise les doigts, Thierry.

Le WRC, c’est quoi ?

Le WRC, pour World Rally Championship, le championnat du monde des rallyes, existe depuis 1973. C’est le top du rallye mondial. Les meilleurs pilotes du monde s’affrontent avec les meilleures voitures de rallye aux quatre coins de la planète.

Quelques noms suffisent, même pour les non-initiés, à se faire une idée du niveau :

  • 1981, Ari Vatanen avec sa Ford Escort RS 1800, moteur Cosworth de 270 chevaux1982, Michèle Mouton avec son Audi Sport Quattro de 350 chevaux
  • Peugeot 205 turbo 16 de 365 chevaux à 530 chevaux
  • Lancia Delta Integrale de Carlos Sainz
  • Subaru Impreza de Colin McRae
  • Citroën Xsara, puis C4 de Sébastien LoebN’en jetez plus !


Krugger

La Krugger FD à quatre roues

Frédéric Bertrand a toujours aimé les motos. En créant Krugger Motorcycles, il a prouvé qu’il est un des meilleur designer/concepteur/constructeur de moto au monde, si pas le meilleur. Avec sa dernière création, la Krugger FD, il livre un chef-d’œuvre, mais sur quatre roues cette fois.

MOTS : YVES MERENS
PHOTOS : THIERRY DRICOT

Il nous l’avait dit, Fred, que sa première voiture était en préparation. C’était il y a quelques mois, lors de notre visite dans son antre de Basse-Bodeux, près de Spa.

Nous avions même déjà vu la voiture, en tout cas son châssis alors que nous étions en reportage-découverte chez ce magicien du design et de la mécanique pour ses deux-roues d’exception. Après une quinzaine de motos réalisées à la main, on sentait bien qu’il avait envie d’un projet encore plus fou. Plusieurs fois champion du monde de design moto, il voulait se dépasser encore plus.

Grâce à deux hommes d’affaires de la région liégeoise, son concept a pu voir le jour ; après deux ans et demi de labeur, quand même ! Dans son atelier nickel, posé au milieu des bois, Fred a bossé 10.000 heures acharnées, méticuleuses et ultra-précises pour arriver à sa Krugger FD.

Le design, retour vers le futur

Fidèle à la maxime empruntée à Saint-Exupéry, qui disait que « la perfection est atteinte, non pas lorsqu’il n’y a plus rien à ajouter, mais lorsqu’il n’y a plus rien à retirer. », la Krugger FD joue à fond la carte du rétrofuturiste. On ne sait pas trop si sa forme vient de l’entre-deux guerres, on croit y reconnaître la ligne des cigares automobiles de course façon Auto Union Type D des années trente. Mais en même temps, on verrait bien l’engin s’envoler vers le siècle prochain dans un épisode d’une série futuriste. Ca doit être ça, le design rétrofuturiste.

C’est vrai qu’elle pourrait s’envoler, cette voiture. On s’imagine à son volant, assis dans son cockpit, tout en bois, réalisé par un ébéniste local évidemment, pour une balade dans un monde artistique, presque imaginaire, irréel.

Krugger

Et elle roule.

Et pourtant, elle existe bel et bien cette Krugger FD. Epatant le public au dernier Zoute Grand Prix, elle est faite pour rouler. Ses caractéristiques techniques la placent d’emblée parmi les plus puissantes sportives.

On y retrouve un moteur Bentley W12 de 6 litres bi-turbo qui affiche 750 chevaux et 1.000 Nm. Chouette clin d’œil à la marque anglaise qui célèbre son centenaire. A la pesée, la Krugger FD affiche 1.250 kg, ce qui lui donne un redoutable ratio poids/puissance. Krugger a aussi veillé à concevoir ce modèle hybride, avec un moteur électrique qui permet à la voiture de se mouvoir à faible allure, dans les concours d’élégance par exemple.

Car, évidemment, la belle FD va voyager pour jouer la vedette. Elle ressortira de son atelier pour faire l’ouverture du prochain rendez-vous Dream-Car de Bruxelles, annexe prestigieuse du Salon de l’Auto de janvier. Pour la suite, elle est déjà inscrite au concours de la Villa d’Este, avant celui de Pebble Beach et de Chantilly. Les must mondiaux en matière d’élégance automobile. Début 2020, elle effectuera des essais sur piste, histoire de régler les suspensions, d’affiner les réglages, avant d’être livrée, définitivement, à ses propriétaires.

Pas de doute, la Krugger FD est partie pour attirer tous les regards. Elle portera encore longtemps, bien haut, les couleurs belges de Krugger, cet orfèvre bien de chez nous et bien chez lui. Ah oui, au fait, son projet suivant est… une ligne de vêtements badgés Krugger.

Krugger

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Jacky Ickx, l’expression humble d’une réussite magistrale

Rencontrer Jacky Ickx, c’est rencontrer une légende du sport automobile mais pas que ! A 75 ans dans quelques semaines, l’homme ne remonte pas vraiment dans le temps mais dresse plutôt un tableau de remerciements tout en nuances positives.

MOTS : YVES MERENS
PHOTOS : TEDDY MAZINA

Comment débute semblable destin ? Jacky Ickx nous surprend : « Enfant, la course automobile n’était pas mon rêve. J’aurais aimé être jardinier, gardien de réserve ou quelque chose comme ça… Je n’aimais pas trop le bruit. Mon père m’a emmené voir un Grand Prix avec Fangio et je lui ai demandé de ne plus y retourner. »

Plus tard, c’est pourtant la joie du podium, le sien, qu’il découvre. « A l’école, le prof avait dit à mes parents : votre fils est si intelligent mais tellement paresseux. Manière de dire que j’étais un cancre. » Mais le destin sportif forge le futur vainqueur.

« Découvrir qu’on n’est pas mauvais dans quelque chose, c’est formidable. En sport automobile, il vaut mieux ne pas avoir peur. On a de la volonté, on gravit la montagne sans calculer. »

Celui qui utilise très peu le « je » pour préférer le « nous » se dit aussi miraculé.

« Le risque accidentel est élevé. Quand on est jeune, on se sent immortel. Mes parents m’ont soutenu, pourtant, ma mère avait peur tout le week-end ! » Heureusement, pendant trente ans de courses, les anges gardiens ont veillés sur lui.

Maître de la pluie

Evoquer la carrière de Ickx, c’est repenser à ses victoires au Mans, ou à celles en F1, et aussi à l’un de ses surnoms, « Maître de la pluie ». « J’ai fait cinq saisons de moto avant la voiture. Trial, vitesse pure, enduro, etc. C’est grâce à cela que j’ai bien roulé sous la pluie. Tout vient de l’équilibre acquis sur deux roues. Avec quatre roues, vous pouvez en mettre deux dans l’herbe, pas en moto. C’est une fameuse école. »

L’Union fait la force

Erudit, intelligent, fin, Jacky Ickx est aussi profondément attaché à son pays et aux sports, tous les sports. « La corporation des sportifs de compétition belges est extraordinaire. Nous avons été enviés par de nombreux pays, et nous le sommes encore, » et de citer, toutes disciplines confondues, une vingtaine de champions, dont Eddy Merckx, que l’on vient de fêter 50 ans après sa première victoire au Tour de France. « J’ai une admiration et une amitié profonde pour Eddy. Nous avons évolué en parallèle, dans deux mondes différents ». Et quand Jacky téléphonait à Eddy pour le féliciter le lendemain matin d’une de ses victoires à Paris-Roubaix, le Cannibale était déjà reparti à l’entrainement sur son vélo. « Il allait au bout de tout. Il faisait tout et était bon partout. Il gagnait presque tout. Quel homme ! » Un peu comme vous, Monsieur Ickx !

Impossible d’égrener ici toutes les courses et toutes les victoires remportées. Au sommet, Jacky Ickx courait plusieurs disciplines en même temps, F1, F2, 24h du Mans, Endurance, Tourisme.

« Tous les gens de mon époque ont fait ce que j’ai fait. Nous étions des Professionnel Freelance. » Oui, mais vous étiez quand même « One of the Great », un coup en Ferrari en F1, un coup en Ford GT40 au Mans,… « C’est vrai, mais c’est le résultat de la qualité des gens. En automobile, il faut un outil, une voiture performante. Et cet outil, c’est 80% de la réussite. Les 20% restants, c’est le pilote. Les gens qui créent cet outil dans l’ombre sont admirables, appliqués et perfectionnistes. Il faut leur rendre hommage. C’est facile de gagner quand on a une bonne machine, vraiment ! Le palmarès est directement lié aux bonnes personnes qui interviennent aux bons endroits, aux bons moments. »

Un virage dans le désert

Au tournant des années 80, Jacky Ickx roule en rallye-raid, et notamment au Paris-Dakar de Thierry Sabine.

« Cet homme a changé mon horizon. Avant, j’ai fait du sport auto comme sur un monorail. Concentré pour être le meilleur, avec un angle de vue étroit. La course en Afrique m’a fait découvrir deux choses : la course elle-même. On ne peut pas se raconter beaucoup d’histoires. On prend conscience de sa petite échelle humaine. Et puis, on découvre d’autres gens. On pense à 180 degrés et on voit, si on le veut bien, ceux que j’appelle les oubliés du monde ».

Aujourd’hui, Jacky Ickx voyage encore beaucoup. Il a visité l’Afrique avec son épouse, Khadja Nin. « Mes coupes sont dans des cartons et maintenant, j’essaye de renvoyer l’ascenseur à tous les invisibles qui sont tellement importants, qui donnent tellement de sens à nos vies. »

Belle leçon d’humilité et d’altruisme, merci Monsieur Ickx.

Le palmarès de ses 482 courses. Les plus beaux titres :

6 victoires aux 24h du Mans

Les plus belles :

• 1969 : Les pilotes traversent la piste en courant, sautent dans leur voiture et démarrent en trombe. Jacky Ickx, lui, marche posément, s’attache, et part bon dernier. « Je voulais sensibiliser au fait qu’il fallait s’harnacher avant de démarrer une course. » 24 heures plus tard, il passera quand même la ligne d’arrivée en première position.

• 1977 : Sa voiture tombe en panne. Il monte dans une seconde Porsche, exécute des tours d’anthologie de nuit, sous la pluie. Le record du tour de la piste tombe. Sa volonté transcende l’équipe jusqu’à la victoire. « Arriver à se sublimer, c’est magnifique. Cette fois-là, toute l’équipe s’est sublimée jusqu’à la victoire ».

Mais aussi :

• 114 Grand Prix de Formule 1, soit 27.367 kilomètres !
• 8 victoires
• 2 fois vice-champion du monde

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75 Porsche « Belgian Legend Edition » pour fêter ça !

Pour honorer les 75 ans de Jacky Ickx, l’importateur belge a eu l’excellente idée de créer une 911 Carrera 4S « Belgian Legend Edition » très spéciale.

« J’ai roulé 10 ans avec Porsche, dit-il presque fièrement, je fais partie de leur histoire. Quel honneur ! »

Esthétiquement, cette très belle 911 se démarque par sa couleur « X Blue » identique à celle du casque de Jacky Ickx. Très classe aussi, la clé de contact de la même couleur arbore sa signature, comme la sellerie sur l’accoudoir.

Basée sur une 911 Carrera 4S, cette version a été développée par la maison mère, à Stuttgart, qui a ac- cepté ce défi. « Rien ne peut se faire sans l’accord de l’usine, livre notre connaisseur. J’y suis allé pour valider la couleur qu’ils me proposaient et pour régler les détails. »

A son volant, toutes les caractéristiques de Porsche sont transcendées. Richement dotée, cette 4S rassure son conducteur par sa transmission intégrale intelligente, appelée Porsche Traction Management, qui répartit la puissance sur les quatre roues en fonction de différents paramètres.

Elle peut aussi devenir bestiale. Son fameux moteur boxer 6 cylindres de 2.981cc développe 450 chevaux. Plusieurs modes de conduite sont activables. Gageons que c’est le mode Sport Plus qui ravira Jacky Ickx. Il est bluffant : la réaction du moteur, la rigidité accentuée du châssis, l’amortissement plus raide et les quatre roues directrices font entrer cette automobile dans une autre dimension pour filer au-delà de 305 km/h. Avec son système de départ automatisé, « Launch Control », elle accélère comme une bombe de 0 à 100 km/h en 3,4 secondes.

Celle de Jacky lui sera livrée dans quelques semaines. Quant aux 74 autres fabriquées, elles sont déjà vendues depuis longtemps.

On n’arrête pas une légende comme celle-là.