Dina Ayada
« Beaucoup de gens pensent que je viens de New York à cause de mon accent »
Mots : Jason Vanherrewegge
Photos : Marine Ferain
Direction artistique : Julia Dubois Rosca
Stylisme : Kate Housh
Maquillage & coiffure : Sanne Schoofs
Nouvelle pépite de la scène hip-hop, la chanteuse belgo-marocaine Dina Ayada, âgée de 22 ans, réalise en ce moment son rêve américain après avoir quitté notre royaume pour percer dans la musique aux États-Unis. Plébiscitée par de grands noms du circuit, l’ancienne étudiante en droit férue de mode, qui a explosé dans un premier temps sur TikTok avec « Miles Away », se présente à travers son premier album « Identity ». Découverte d’un véritable phénomène.
Un premier album sert forcément de carte d’identité pour un artiste. Que voulez-vous transmettre à travers votre musique ? Mon message principal au monde est que tout est possible si vous croyez vraiment en vous et si vous vous battez pour vos rêves. Être une jeune femme venant de Belgique avec des racines marocaines, et être aujourd’hui signée aux États-Unis avec un public mondial, est la preuve que les choses dont vous rêvez peuvent réellement se produire. Avec cet album, je voulais aussi que les gens puissent se connecter à mes expérien-ces. Peu importe le genre, beaucoup de personnes peuvent s’identifier à ce dont je parle. Je parle de relations, d’amour, d’amitiés brisées, d’émotions et des pensées qui viennent lorsqu’on traverse la vie. C’est simplement moi qui suis honnête sur ce que je vis.
D’où est née votre passion pour le hip-hop ? Depuis que je suis très jeune, j’écoute du hip-hop et du R&B. J’ai grandi avec des artistes comme Aaliyah, Pharrell Williams et Tupac Shakur. Toute cette époque des années 90 et du début des années 2000 m’a vraiment façonnée.
À la base, vous avez explosé sur TikTok avec un freestyle capté en studio. Quel est votre rapport aux réseaux sociaux ? J’ai une relation amour-haine avec les réseaux sociaux. Je suis très consciente de leur importance pour un artiste aujourd’hui. Mais en même temps, il y a beaucoup de pression pour publier constamment et garder un contenu pertinent. On réfléchit toujours à la manière de capter l’attention des gens et, parfois, cela peut sembler forcé. J’essaie de rester aussi naturelle et authentique que possible en ligne, mais ce n’est pas toujours facile. Malgré tout, j’aime partager des moments avec mon public. Je les appelle mes « stars ». Les réseaux sociaux m’aident à me connecter avec eux. Mais honnêtement, je préfère rencontrer mes stars lors des concerts plutôt que derrière un écran.
Originaire d’Anvers avec des origines marocaines et de confession musulmane, vous avez décidé de tenter le rêve américain. C’est ce qui fait votre force là-bas ? Je ne sais pas si c’est précisément ce qui me rend forte ici. Ma personnalité, ma mentalité et la façon dont j’ai grandi sont assez différentes de ce à quoi les gens sont habitués aux États-Unis. Peut-être qu’ils trouvent ça rafraîchissant. C’est drôle parce que beaucoup de gens pensent que je viens de New York à cause de mon accent. Mais je suis simplement moi-même. Mon parcours fait partie de mon identité et a clairement façonné la personne que je suis en train de devenir. Le respect et l’attention que j’ai pour les gens viennent beaucoup de mes origines marocaines et musulmanes. Mon amour pour la mode vient, lui, à coup sûr du fait d’avoir grandi à Anvers.
L’image est évidemment très importante dans ce métier. Comment se combine votre passion pour la mode avec la musique ? La façon dont on s’habille est une manière de s’exprimer sans dire un mot. À travers les vêtements, on crée une histoire, une ambiance, une identité. Grandir à Anvers m’a clairement influencée. Beaucoup de designers incroyables viennent de là. En même temps, le style de la culture hip-hop, surtout celui des années 90 et 2000 à New York, m’a aussi énormément inspirée.
En quoi votre musique a-t-elle changé depuis votre arrivée aux États-Unis ? Je ne pense pas que déménager aux États-Unis soit la principale raison pour laquelle ma musique a changé. La vraie raison, c’est le fait d’avoir grandi. J’ai commencé à sortir de la musique à 18 ans et aujourd’hui, j’en ai 22. Beaucoup de choses se sont passées pendant ces années : des chagrins d’amour, des expériences de vie, des moments difficiles. Tout cela m’a donné plus de matière. Je n’aime pas non plus me mettre dans une seule catégorie ou dans un seul style. J’aime expérimenter et essayer différents sons. Bien sûr, j’ai rencontré des producteurs et des auteurs incroyables aux États-Unis et je suis très reconnaissante pour ces collaborations.
Des noms importants de la scène musicale sont désormais des proches. La rappeuse Saweetie est même devenue l’une de vos meilleures amies tandis que Gunna est le producteur exécutif de votre album. La sororité et la fraternité sont très importantes pour moi. En même temps, je suis quelqu’un de très sélective quant aux personnes que je laisse entrer dans mon cercle proche. Je ne m’entoure pas de trop de gens parce que parfois certaines personnes peuvent profiter de vous. Mais quand on rencontre des personnes sincères qui vous soutiennent vraiment et vous donnent des conseils pour naviguer dans l’industrie musicale, c’est vraiment spécial.

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