Les Bains Paris
L’invitation à l’exception
Mots : Barbara Wesoly
Photos : DR
Après avoir longtemps régné en maître sur les nuits parisiennes, les Bains Paris ont réinventé en 2015 leur héritage unique sous la forme d’un somptueux hôtel cinq étoiles. Toujours flamboyante, résolument avant-gardiste, l’adresse portée aujourd’hui par Jean-Pierre Marois célèbre la décennie qui, de légende passée, l’a métamorphosée en icône contemporaine.
Certains noms laissent dans leur sillage un parfum mythique. Un rayonnement préservé malgré le passage du temps. C’est le cas des Bains qui, depuis le 19e siècle, envoûtent Paris. L’histoire commence en 1885, lorsque s’ouvrent les Bains Guerbois, thermes privés les plus luxueux de Paris. Un temple de bien-être rapidement devenu haut lieu des rencontres artistiques et philosophiques de l’époque, où se retrouvent aristocrates, intellectuels et dandys de la Ville Lumière. Il n’est pas rare de croiser derrière la façade de briques et l’élégante porte cochère de ceux qui se nomment alors les Bains Guerbois, Zola, Monet, Renoir ou encore Proust. Du moins jusqu’à ce que s’amorce un nouveau siècle, qui voit l’établissement tomber progressivement en désuétude.
Il faut attendre 1978 pour assister à sa résurrection sous l’identité des Bains Douches. Au délassement y succède l’effervescence, transformant le quartier du Marais en panthéon de la fête. Et c’est cette fois David Bowie, Madonna ou encore Mick Jagger qui investissent la scène mondaine du club, son restaurant et sa salle de concert, y croisant le meilleur de la scène culturelle comme de la haute-couture, d’Andy Warhol à Karl Lagerfeld. Si la boîte de nuit est un repère de célébrités en plein âge d’or, elle s’impose aussi en référence underground, impertinente et joyeusement décadente. Référence glamour et transgressive, toujours idolâtrée des noctambules aux quatre coins du globe, bien après sa fermeture, en 2010.
A la croisée du mythe et du présent
Cinq ans plus tard, l’illustre édifice renaît une troisième fois de ses cendres, grâce à Jean-Pierre Marois, qui se fait l’architecte de sa nouvelle incarnation d’hôtel cinq étoiles luxueux et hédoniste. Pour le réalisateur et producteur français, il n’est pas question de complète métamorphose mais au contraire de magnifier l’écho du passé. En compagnie de l’architecte Vincent Bastie et des designers Denis Montel et Tristan Auer, il transforme cet héritage en socle d’un établissement d’une beauté aussi éblouissante qu’atypique. L’élégance de l’immeuble haussmannien d’origine se voit rehaussée de meubles des années 80 et 90 et de touches graphiques ultracontemporaines, dans un cadre où le bordeaux, le brun et le noir priment. Volontairement sombre pour n’en devenir que plus incandescent, entre raffinement et rock’n’roll.
La réception et le salon, à l’élégance typiquement parisienne, aux boiseries et arabesques fin de siècle, mènent au ROXO, bar et âme vivante de l’hôtel, installé en lieu et place de celui des Bains Douches. Transfiguration de cette ère, le plafond pourpre aux formes de gouttes, dont les colonnes descendent jusqu’au sol du dance floor, où les damiers donnent l’illusion de reflets d’eau. Un bar imposant, des tables et des sofas de cuir et d’acajou, mêlent les nuances chocolat, alors qu’au centre de la salle trône un piano à queue prêt à accueillir des concerts live, pour accompagner des cocktails de choix et des assiettes aux accords gourmands.
Éclectique, libre et vivant
Dans les 39 chambres et suites, le jeu de clair-obscur et la superbe alliance d’influences se poursuit. Marbre blanc et carrelages noirs. Marron laqué et velours profond. Réplique de canapé warholien, lampe rétro et œuvres d’art aux murs, achèvent de parfaire le mariage bohème et raffiné, l’âme précieuse et provocatrice à la fois. Faisant pleinement honneur à son essence hédoniste, Les Bains possèdent également un spa, séparé en deux espaces, qui une nouvelle fois confronte les atmosphères et les plaisirs. Au sous-sol, l’iconique piscine carrelée des Bains Douches, conçue aux origines de l’immeuble, a été recréée à l’identique et est complétée par un sauna et un hammam. Tandis que le premier étage abrite le Salon Secret habillé de délicates moulures. Ce boudoir confidentiel et lumineux, propose de divins massages tibétains, thaï, deep tissue ou sur-mesure, aux parfums de trois des douze fragrances Bains Guerbois, pensées par Jean-Pierre Marois pour être des récits olfactifs, véritable mémoire sensorielle des lieux.
Cette fin d’année 2025 marque en effet les 140 ans des Bains et la décennie de son existence hôtelière. Dix ans d’une fête infinie, à cœur battant, dans un lieu qui jamais ne s’endort. Showcases et DJ sets au sein du Club, dont l’atmosphère ténébreuse, vibrante et sensuelle remémore toute la superbe du cadre iconique qui accueillait Prince, Depeche Mode et Joy Division. Mais aussi festival de musique, animations culinaires, talks ou encore expositions artistiques. L’ivresse des sens est constante, la beauté omniprésente, l’art de célébrer, sans cesse réinventé.

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