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Kevin Douillez

L’âme pour matière première, la peinture pour raison d’être

Mots : Barbara Wesoly
Photos : DR

Sur ses toiles, le geste libère le chaos comme la poésie et les cicatrices deviennent renaissance. L’œuvre de Kevin Douillez vit, respire, ébranle et révèle plus que jamais sa sensibilité incandescente, avec la sortie d’un recueil entremêlant les réalisations et les mots. 

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Cette fin d’année 2025 a marqué la publication de votre premier ouvrage. Une rétrospective que vous définissez comme une extension de votre œuvre picturale. Comment la complète-t-elle ? Je voulais marquer l’achèvement de ces cinq années. Représenter le passage de cette étape en expliquant une part de mon processus créatif, ainsi qu’en racontant les différentes périodes qui ont marqué mon travail depuis mes débuts. Cet ouvrage ne se limite pas à une évocation photographique, mais comprend aussi des textes et des extraits de journaux intimes. J’écris énormément. J’ajoute d’ailleurs fréquemment des pensées, des citations derrière mes tableaux. Plus qu’une continuité, il s’agissait de livrer ici une part de moi encore plus intime et d’aller toujours plus loin sur ce chemin d’expression intérieure. 

Vous êtes venu à l’art en autodidacte. Ressentiez-vous le besoin de développer un langage qui vous soit propre ? En effet, quoique les raisons aient évolué au fil du temps. Enfant, j’avais envie et besoin de fabriquer de mes mains et vers 10 ans j’ai commencé la céramique dans un club de dames retraitées, au sein de mon village. C’est l’une d’entre elles qui m’a amené, pour la première fois, à toucher à un pinceau et à peindre jusqu’à la fin de l’adolescence, qui a ensuite marqué une longue période d’arrêt. J’ai eu mille vies, devenant antiquaire, manager, reprenant l’école hôtelière, ouvrant mon propre restaurant. Et puis, vers 29 ans, j’ai traversé une période d’errance et de souffrance, bousculé dans mes certitudes par une rupture amoureuse et par la revente de mon établissement. Instinctivement, je suis revenu à la peinture, sans but précis. J’avais alors énormément de mal à mettre des mots sur le désespoir qui m’habitait et l’art était l’exutoire dont j’avais besoin pour me libérer de mes traumatismes. Par hasard, un ami m’a proposé dans la foulée d’intégrer son atelier. Quelques mois plus tard, en 2020, au moment de la crise sanitaire, tout a explosé, les ventes et les propositions se sont enchaînées, et je n’ai plus cessé de créer. 

Vous associez vos tableaux à une forme de tension, de douleur, qui, par la peinture devient un voyage méditatif. Est-elle une catharsis, un moyen aussi d’éloigner les fêlures ? L’émotion est la source de ma créativité. Je ne peux travailler sans ressentir. J’ai la conviction que nous avons tous une raison d’être. La mienne est de sublimer mes blessures et ce qui me hante. J’ai appris à aimer ma part d’ombre et cette dualité entre obscurité et lumière, même quand elle se révèle de façon extrême. Ma pratique se nourrit de ce contraste, entre des moments de douceur et d’autres où une force, une rage, s’exprime. 

kevin-douillez
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Sur vos toiles, la matière est en effet projetée, lacérée, éclatée. La beauté naît-elle pour vous dans le combat ? Dans la lutte, dans le doute, dans une forme de chaos, mais aussi dans une ambivalence entre un besoin d’intensité et une recherche de paix. Les thèmes de mes œuvres sont directement liés à ces moments de lutte ou au contraire de calme intérieur. Ce n’est pas un chemin linéaire. Je ne peux pas tricher. Je vais parfois passer deux mois sans créer, bloqué par un syndrome de la page blanche. J’apprends petit à petit à accepter une certaine forme de lâcher prise.

Les raisons qui vous poussent aujourd’hui à peindre sont-elles les mêmes qu’il y a cinq ans ? Fondamentalement oui. Mes blessures sont et seront, je pense, toujours là. J’ai besoin d’une forme d’écorchure pour me lancer. Mais il y a eu du chemin aussi. Je suis plus apaisé. Mes premières toiles étaient ainsi dédiées à mes frères. Mon jumeau, tout comme celui que j’ai perdu avant la naissance, puisque nous aurions dû être des triplés. Cette blessure d’abandon ne me quittera pas, mais résonne désormais autrement. 

Quels sont les projets qui vous animent ? Le 25 janvier 2026 s’achèvera ma première exposition muséale, au sein du CAP (Musée des Beaux-Arts de Mons). Pour la suite, je suis actuellement en discussion avec mon agent, Nathan Wisniec Brachot, afin de préparer une prochaine exposition à Paris, courant 2026. Et puis il y a New York où je rêve de pouvoir également présenter mon travail. La publication du livre représente en tout cas un tournant : l’émergence de ma nouvelle ère artistique.

Vous disiez, par la création, chercher l’harmonie dans le désordre. L’avez-vous trouvée ? Certains jours. J’ai surtout compris qu’il faut accepter de ne pas être aux commandes. Lorsque je peins, je rentre dans une forme de transe, laissant mes gestes me guider. Je ne sais pas à l’avance où je veux aller, ni où je vais parvenir. Parfois le résultat ne me plaît pas et dans ce cas, je détruis la toile. Cela fait partie du processus et de sa beauté. Le cheminement est plus important que la réponse.

kevin-douillez

www.kevindouillez.com

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