GALA DRAGOT
LA SOIF EXPÉRIMENTALE
Mots : Jason Vanherrewegge
Photos : Robert Dragot
Björk, Tyler the Creator ou encore Miles Davis. Le nouveau phénomène de la musique belge Gala Dragot puise ses inspirations dans de nombreux registres. La Bruxelloise de 20 ans, dont les débuts s’inscrivent dans l’art pop, prouve aussi à travers son EP « Twerking Music » son envie irrépressible d’expérimentation.
Vous semblez ressentir la musique et l’art de manière générale au plus profond de votre âme. Comment l’expliquez-vous ? Je prends la musique et les mélodies qui sortent de moi. C’est vraiment un miroir de mon âme, oui. C’est quelque chose de très honnête, de très vrai.
Quand on voit vos inspirations, pensez-vous que la musique était mieux avant ? Si je m’attarde uniquement sur la pop, je dirais que oui. Il y avait plus de place pour l’expérimentation. Il y avait plus de gens qui étaient formés à en faire. Aujourd’hui, il te suffit d’un ordinateur pour te lancer. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de bonnes musiques mais nous sommes souvent dans le même type de sons.
Du jazz au néo-classique en passant par l’électro minimaliste, vous ne fermez aucune porte. Tous les genres de musique m’inspirent et je ne me mets pas de limite. Chacun d’entre eux a sa propre émotion. Mais il y a un côté imprévisible dans ce qui me touche. Je vois vraiment la musique comme un jeu.
Vous avez quitté une école d’art parce que vous ne preniez pas de plaisir. Votre vie semble également être un jeu dans lequel la folie occupe une place prépondérante. Je ne suis pas encore au niveau de folie que je veux atteindre. Je ne sais pas expliquer d’où ça me vient mais c’est très naturel. J’aime le fait de ne pas trop calculer.
L’humour et la liberté sont au fondement de votre personnalité. Pourtant, vous abordez des thématiques fortes comme la solitude, le rapport à l’argent et l’effet toxique des réseaux sociaux sur votre EP. Pour l’instant, dans ma musique, c’est mon côté sombre qui ressort. Mais j’ai encore du temps dans ma carrière pour explorer mon côté fou. Je suis quelqu’un de très sensible donc, c’est normal que je ressente les choses très profondément. Le fait de vivre mes émotions me permet de me sentir vivante.
Vous avez récemment assuré la bande-son du défilé automne/hiver de la maison belge Dries Van Noten à la Fashion Week de Paris. L’esthétique est également très importante pour vous. Toutes les formes d’expression le sont. Mais c’est vrai que je trouve ça très important d’avoir son propre style. Cela te permet de t’embellir et d’accentuer qui tu es.
Instagram : galadragot

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